Brève
16 mars 2008
Médicaments
Nouveaux et inefficaces
Les analyses de l'UFC-Que Choisir sont confirmées par une étude de l'assurance maladie: les nouveaux médicaments qui n'apportent pas de progrès sont sources de fortes dépenses pour la Sécurité sociale.
En 2007, les remboursements liés aux médicaments ont progressé de 700 millions d'euros, selon des chiffres publiés par la branche maladie de la Sécurité sociale. L'augmentation est moins forte qu'au début des années 2000, mais les sommes en jeu sont suffisamment élevées pour mériter une explication. La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a donc mené une étude, et les résultats sont édifiants : les molécules présentes sur le marché depuis moins de 3 ans comptent pour 85 % de l'envolée des dépenses de médicaments. Et si un tiers de l'augmentation est due à des innovations thérapeutiques avérées, ou considérées comme telles par les autorités sanitaires, 315 millions d'euros sont à mettre au compte de médicaments nouveaux « qui ne présentent pas ou peu d'amélioration du service médical rendu ».
Autrement dit, ces spécialités qui pèsent lourd dans les comptes ne sont pas plus efficaces que celles déjà à la disposition des médecins. Mais elles engendrent davantage de coûts, car elles se substituent à des médicaments plus anciens disposant de versions génériques. Sans compter qu'« elles induisent de nouvelles prescriptions et donc des dépenses supplémentaires », souligne l'assurance maladie. Pour illustrer cette tendance déplorable, deux produits emblématiques sont cités : le Lyrica, un anti-épileptique sur le marché depuis 2006, et le Spiriva, utilisé pour traiter la bronchite chronique. Ni l'un ni l'autre ne représente de progrès notable par rapport aux médicaments déjà commercialisés. Pourtant, l'an dernier, ils ont coûté respectivement 42 et 38 millions d'euros de plus à l'assurance maladie.
Ces éléments confirment les conclusions des travaux de l'UFC-Que Choisir, qui montrent que les médecins, en raison du démarchage habile de l'industrie du médicament, ont tendance à prescrire des spécialités nouvelles alors même qu'elles n'ont pas fait la preuve de leur supériorité. Au point qu'entre 2002 et 2006, et en ne prenant en compte que 15 % du marché du médicament, un milliard d'euros aurait pu être économisé.






