Médicament - Permis de critiquer ! - Article - brève : SANTE-BIEN-ETRE MALADIE-MEDECINE Médicament - UFC Que Choisir

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Permis de critiquer !

En novembre 2006, la Caisse primaire d'assurance maladie de l'Aude informait les médecins de l'intérêt relatif du Crestor 5 mg, un anticholestérol. La démarche n'a pas plu à AstraZeneca, son fabricant, qui a assigné la Sécu en justice. Le groupe pharmaceutique vient d'être débouté de sa plainte.

C'est une victoire pour ceux, dont l'UFC-Que Choisir, qui estiment que l'industrie pharmaceutique ne doit en aucun cas avoir le monopole de l'information envers les médecins. Le tribunal de grande instance de Carcassonne vient de débouter la filiale française du groupe AstraZeneca, qui poursuivait la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Aude pour publication d'« informations excessives, erronées et imprudentes » concernant un de ses médicaments (1).


L'affaire remonte à novembre 2006. Dans sa lettre d'information mensuelle aux médecins généralistes, la CPAM note que le Crestor 5 mg, un anticholestérol commercialisé par le laboratoire AstraZeneca, n'apporte « rien de nouveau dans la classe des statines ». Et relève une incertitude sur la tolérance rénale du médicament. Comme il existe déjà sur le marché une foule d'autres traitements pour limiter l'excès de cholestérol, l'Assurance maladie recommande logiquement de ne prescrire le Crestor 5 mg qu'en seconde intention. Ce faisant, elle ne fait que relayer des éléments divulgués par les pouvoirs publics, et notamment la Haute Autorité de santé (HAS), qui avait relativisé en 2005 l'intérêt de la spécialité. Mais c'est déjà trop au goût d'AstraZeneca : le groupe estime que l'article consacré au Crestor 5 mg manque de rigueur et d'exhaustivité, et assigne donc l'Assurance maladie en justice.


Le tribunal n'a pas entendu les arguments d'AstraZeneca, et jugé que l'article mis en cause s'appuyait sur des documents scientifiques contrôlables. En déboutant la firme de sa plainte, il a réaffirmé la liberté d'expression dont dispose, naturellement, l'Assurance maladie. Et l'a confortée dans le devoir d'information sur les médicaments explicitement prévu par une convention signée avec l'État.


Malheureusement, la Sécurité sociale manque de moyens pour assurer correctement cette mission. Raison pour laquelle, en janvier dernier, l'UFC-Que Choisir demandait la création de 1 700 visiteurs médicaux placés sous l'égide de la HAS, et chargés de faire la promotion des médicaments les plus efficaces.


Anne-Sophie Stamane


(1) Ce jugement est susceptible d'appel

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