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Editorial

L’obésité au fond des cartables

JPG Jean-Paul Geai
Rédacteur en chef

Si les publicités alimentaires ­entrecoupent un peu moins les programmes pour la jeunesse à la télévision, c’est pour mieux s’imposer aux heures de grande écoute, quand toute la famille est réunie. Le matin, à 13 h ou en début de soirée, ­quatre publicités alimentaires destinées aux enfants sur cinq vantent des produits trop gras ou trop sucrés. Les promesses ­faites deux ans plus tôt par l’industrie agroalimentaire de moraliser son marketing à destination des juniors ne sont pas tenues. Et cela se ressent dans le comportement des enfants, jusque dans leurs cartables. Confiseries et autres barres chocolatées font partie de leurs en-cas préférés. À l’occasion d’actions pédagogiques menées auprès de 2 000 élèves de 6 à 12 ans, l’UFC-Que Choisir a constaté que 76 % des aliments apportés à l’école pour la récréation étaient trop riches en sucre ou en matières grasses. À la maison, pour le petit déjeuner, ce n’est guère mieux : la proportion des aliments déséquilibrés représente désormais 55 % des produits consommés, en hausse de 17 % en quatre ans. Dans le même temps, loin d’avoir reculé, les budgets des pubs télé des industriels ont bondi de 20 %, pour ­frôler 1,7 milliard d’euros en 2010. Et ces spots ciblent surtout les petits déjeuners, les goûters et les boissons, domaines de l’alimentation où les enfants peuvent ­influencer les achats des parents. Face à un tel constat, l’échec de l’autorégulation prônée par les industriels de l’agroalimentaire est d’autant plus alarmant que l’obésité progresse. En France, 17,8 % des enfants sont en situation de surpoids ou d’obésité. Visiblement, les promesses de Roselyne ­Bachelot, quand elle était ministre de la Santé, de lutter contre l’obésité infantile, n’ont pas été suivies d’effet. L’annonce par Nicolas Sarkozy, en mai dernier, d’un plan de prévention de l’obésité chez les enfants non plus. Prévue pour 2009, la loi de santé publique devrait enfin être soumise aux parlemen­taires dans les prochaines semaines.
À eux de prendre leurs responsabilités, pour que la lutte contre l’obésité ne soit pas à ranger parmi les vœux chimériques.
Très bonne et heureuse année 2011.

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