Déjà abonné ?  identifier
abonner

Diminuer la policeAugmenter la police Imprimer

Editorial

OGM, un compromis à valoriser

JPG Jean-Paul Geai
Rédacteur en chef

Il faut se faire une raison : la France n'a pas pris la décision d'interdire les OGM. Toutefois, en décrétant que « les organismes génétiquement modifiés ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect des filières sans OGM », la loi du 25 juin 2008 reconnaît à chacun le droit de pouvoir choisir son alimentation en conséquence. Avec ou sans OGM ? La réponse n'est pas si simple. Actuellement, seuls les aliments contenant plus de 0,9 % d'ADN transgénique dans un de leurs ingrédients doivent obligatoirement être étiquetés « avec OGM ». À l'inverse, se réclamer « sans OGM » est quasiment impossible à garantir dans le contexte d'une loi qui autorise la coexistence des deux filières. La contamination entre les deux peut se produire à n'importe quel stade : semences, champs, transports, stockage, chaînes de fabrication... Dès lors, comment concilier l'exigence d'une information loyale pour le consommateur et une réalité qui veut que le « 100 % sans OGM » soit quasi impossible à certifier ? Saisi par le gouvernement, le Haut Conseil des biotechnologies s'est exercé au compromis. Dans un avis rendu le 3 novembre, le HCB recommande d'étiqueter « sans OGM » les végétaux dont il est possible de prouver qu'ils ne contiennent pas plus de 0,1 % d'ADN transgénique. Le seuil de 0,1 % est en effet considéré par les experts comme le niveau de tolérance le plus bas techniquement quantifiable. Pour les produits issus d'animaux (lait, viande, oeufs), le HCB propose d'autoriser un affichage « nourri sans aliments OGM » si l'alimentation des bêtes respecte ce niveau de 0,1 % (avec, pendant cinq ans, un seuil intermédiaire à 0,9 % permettant de valoriser les efforts des producteurs qui tentent de ne pas utiliser d'OGM). Il appartient maintenant au gouvernement de valider cet étiquetage, le moins mauvais des compromis pour valoriser les filières agricoles qui entendent refuser tout OGM. Aux consommateurs, ensuite, de donner massivement la priorité aux produits ainsi étiquetés s'ils veulent vraiment manifester leur hostilité aux denrées transgéniques.

Voir aussi
Exprimez-vous dans notre forum

> Ogm - Biotechnologies