Déjà abonné ?  identifier
abonner

Diminuer la policeAugmenter la police Imprimer

Editorial

Le bio au rabais

JPG Jean-Paul Geai
Rédacteur en chef

L'appétit des Français pour les produits bio ne se dément pas. Chaque année, il augmente de 10 %. Mais, avec 2 % de ses terres cultivées en bio, notre agriculture n'y suffit pas, si bien que la moitié du bio que nous consommons aujourd'hui est importée, essentiellement des autres pays européens. Depuis le 1er janvier, c'est un nouveau règlement qui s'applique à tous les pays de l'Union. Unifier des réglementations nationales quelque peu hétéroclites était salutaire, mais il n'y a pas que des avancées dans le nouveau cahier des charges communautaire. Les changements touchent d'abord à l'étiquetage des produits. Les labels bio nationaux, comme le fameux AB français, doivent s'effacer d'ici juillet 2010 au profit d'un logo européen obligatoire. Sa présence n'est toutefois pas exclusive : les signes de qualité nationaux ou privés pourront toujours figurer sur les emballages, qui ont aussi obligation d'indiquer le lieu où les produits ont été cultivés. L'utilisation des intrants chimiques, engrais et pesticides, reste interdite dans les produits labellisés bio, tout comme l'introduction délibérée d'OGM. Mais, cette fois, le risque de contamination accidentelle par des cultures voisines est explicitement évoqué, et toléré, si les traces d'OGM demeurent inférieures à 0,9 % du poids du produit. Les aliments transformés, eux, ne peuvent arborer le logo européen qu'à condition de contenir au moins 95 % d'ingrédients d'origine biologique. En dessous, l'allusion au bio ne peut être mise en avant et exploitée comme argument commercial. C'est en matière d'élevage que le nouveau texte européen ouvre des brèches sur la limitation des traitements vétérinaires et allopathiques. Alors que le cahier des charges français pour l'élevage des animaux de boucherie limitait à deux le nombre de traitements par an en antiparasitaires et en antibiotiques, le nouveau règlement ne restreint plus l'emploi des premiers et va jusqu'à trois pour les seconds. Pour le poulet bio, c'est pire. Alors que tout traitement était proscrit, un antibiotique est désormais autorisé et il n'y a pas de limites aux traitements antiparasitaires. Et le poulet bio peut maintenant être commercialisé au bout de 70 jours contre 81 minimum auparavant. C'est toujours mieux que la volaille en batterie à 40 jours, mais quand même !

Voir aussi
Exprimez-vous dans notre forum

> Cultures