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Communiqué

Réforme des AOC viticoles

Le tiers de la production doit sortir de l'appellation !

L'Appellation d'Origine Contrôlée ne constitue plus une garantie de qualité ou de terroir pour la production viticole française (1)! C'est ce qu'affirment 75 professionnels représentatifs de la filière (2), dans une enquête publiée aujourd'hui par l'UFC-Que Choisir sur les vins AOC (3).

Confirmant que d'un bout à l'autre de la filière du vin, des professionnels ont contribué à brader ce signe officiel, les producteurs, négociants, oenologues et acheteurs que nous avons interrogés indiquent que :

- Pour 40 % d'entre eux, l'AOC ne garantit pas de minimum qualitatif !

- Pour 65 % d'entre eux, l'AOC ne représente pas la typicité d'un terroir !

Les causes sont nombreuses : course aux volumes, inflation des rendements, décrets d'appellation dépassés et agrément laxiste laissant passer 98 % des productions présentées !

Mais la perte de crédibilité de l'AOC s'explique aussi par la coexistence au sein de l'appellation de deux types de vins ayant des rapports qualité/prix différents et qu'il faut désormais séparer de manière officielle : d'une part des vins ayant su garder un lien fort avec leur terroir et répondant à la définition originelle des AOC, d'autre part des vins moins typés, répondant à une nouvelle demande du marché, mais qui ont vocation à se développer hors de l'AOC. En distinguant ces deux catégories par deux appellations distinctes, on répondra au double objectif d'éclairer le choix du consommateur et de sauvegarder le patrimoine des AOC.

Pour qu'à l'horizon 2010, la réforme des AOC pilotée par l'INAO (Institut National de l'Origine et de la Qualité) ait rétabli la crédibilité des AOC, l'UFC-Que Choisir demande :

- que les Organismes de Défense et de Gestion de chaque appellation (ODG) réécrivent les cahiers des charges en se recentrant sur la notion de terroir, et excluent les autres aspects sans lien avec la typicité (sécurité sanitaire, normes HACCP, alimentarité des matériaux, etc.),

- que l'INAO arrête le flot des AOC au rabais, en refusant les cahiers des charges ne répondant pas à ces principes, et fasse progresser le niveau qualitatif des vins, en instaurant des sanctions proportionnelles au niveau de démérite des productions,

- que les ODG mettent en place un ensemble de contrôles aboutissant au déclassement des productions qui n'auraient jamais dû appartenir à l'AOC.

(1)Des experts et des professionnels de la filière viticole estiment qu'un tiers du volume du vin français produit en AOC ne mérite pas cette appellation du fait de son faible niveau qualitatif et du manque de lien au terroir. (2)75 professionnels travaillant en relation avec 20 AOC génériques, représentatives des grands bassins de production viticole française. (3)Etude sur les garanties qualitatives et de typicité des AOC génériques commercialisées entre 2 et 8 euros la bouteille.



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