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Argent Assurance | Editorial

Crédit revolving

Après les fêtes, la gueule de bois

img_alainbazot Alain Bazot
Président de l'UFC-Que Choisir

Avec le matraquage publicitaire avant les fêtes pour le crédit revolving, beaucoup de consommateurs ont cédé à la tentation du "coup de pouce du Père Noël" avec des offres 0% + 0 euro pendant 2 mois. Découvrant aujourd'hui qu'ils ont en fait souscrit un crédit à 21%, ils se réveillent avec la gueule de bois. La réforme promise pour le premier trimestre 2009 corrigera-t-elle les excès ?

Après le Médiateur de la République et quelques parlementaires, c'est au tour du gouvernement d'afficher sa volonté, par la voix de plusieurs ministres, de réformer le crédit à la consommation. Il faut dire que les rapports accablants sur les crédits renouvelables se multiplient. Le dernier en date souligne ainsi que 43,2 millions de crédits renouvelables sont ouverts en France et qu'ils s'adressent en particulier aux classes populaires. En effet, dans 41,5 % des cas, ce crédit est supporté par des ménages ayant un revenu mensuel entre 960 et 1 750 euros. Comment, dans un contexte de crise économique comme celle que nous vivons aujourd'hui, peut-on laisser les consommateurs victimes d'un tel harcèlement propice au « malendettement » ? Comment en effet peut-on laisser grandes ouvertes les vannes de la distribution de tels prêts lorsque l'on sait que ce type de crédit se retrouve dans 84 % des dossiers de surendettement ? L'argument selon lequel les consommateurs seraient pleinement conscients des risques encourus n'est pas recevable. En effet, 53,7 % des ouvertures de crédit renouvelable sont réalisées sur le lieu de vente, comme les grandes surfaces, sans qu'aucun conseil ne soit donné au consommateur et sans vérification approfondie de sa solvabilité.

Face à l'irresponsabilité des prêteurs et à l'enjeu social, le législateur doit intervenir. Des propositions parlementaires ont émergé à l'Assemblée et au Sénat avant que le gouvernement ne se saisisse du dossier. La ministre de l'Économie, Christine Lagarde, a ainsi annoncé un projet de loi au plus tard au premier trimestre 2009 sans toutefois préciser les mesures concrètes qu'il contiendrait. Il va sans dire que l'UFC-Que Choisir ne pourra se contenter d'un simple habillage législatif de mesures cosmétiques et exige que le texte de loi annoncé par le gouvernement soit véritablement à la hauteur du pro­blème causé par la distribution de ces crédits qui empoisonnent le budget des ménages. En tout état de cause, les propositions concrètes et efficaces pour freiner le « malendettement » formulées par le sénateur Philippe Marini (interdiction du démarchage, interdiction du crédit renouvelable dans les grandes surfaces, vérification de la solvabilité) doivent se retrouver dans ce texte de loi si l'on veut véritablement souhaiter une bonne année à tous les titulaires de crédits à la consommation comme à tous les autres.

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