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Argent Assurance | Editorial

Le crédit revolving dans le collimateur

JPG Jean-Paul Geai
Rédacteur en chef

Afin de lutter contre ce qu'il appelle le « malendettement » des ménages, le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoy, préconise d'interdire les crédits revolving dans les magasins, en particulier les grandes surfaces. Seuls les crédits affectés, c'est-à-dire destinés à financer un achat précis comme un téléviseur ou un canapé, devraient être proposés sur les lieux de vente. L'idée est audacieuse. Le procès des crédits revolving, encore appelés crédits permanents ou crédits renouvelables, n'est plus à faire tant leur offre est aujourd'hui totalement ­débridée. Les établissements financiers rivalisent d'arguments commerciaux : réserve ­d'argent immédiatement disponible, rien à rembourser pendant les trois premiers mois, cadeaux de bienvenue (enregistreur de DVD, GPS...), etc. Dernière trouvaille en date, des cartes de crédit comarquées, éditées en partenariat par une marque connue (Total, Renault, Nouvelles Frontières, Intermarché...) et une société financière, qui permettent de régler ses achats comme avec une simple carte ­bancaire. Et à crédit si le consommateur le souhaite, puisqu'elles ouvrent automatiquement accès à une ligne de crédit revolving. Jusqu'au Crédit agricole qui, sous couvert de « liberté du client », diffuse depuis peu une carte bancaire doublée d'une option crédit permanent. Faciles d'accès, ces crédits sont en fait ruineux et difficiles à maîtriser. ­Proches du seuil de l'usure, leurs taux d'intérêt varient selon la réserve d'argent mise à disposition et au fur et à mesure des remboursements. Peu avertis, de plus en plus de ménages se rabattent sur eux pour faire face à un problème de trésorerie, au risque ­d'accroître encore leurs difficultés et de ­tomber dans la spirale du surendettement. 84 % des dossiers déposés aujourd'hui en commissions de surendettement comportent un crédit revolving, souvent plusieurs, six en moyenne. Autre suggestion du médiateur de la République pour endiguer le nombre des surendettés : obliger les organismes de crédit à consulter le fichier national des ­incidents de remboursement de crédit aux particuliers (FICP) avant d'accorder un prêt sous peine de sanctions. Autant d'idées salvatrices qui pourraient être reprises lors de la transposition prochaine en droit français de la directive européenne sur le crédit à la consommation.

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