| 22/06/08 Canoës, kayaks, flotteursRisqués et pas encadrés Les canoës, les kayaks et autres flotteurs de nage échappent aujourd'hui à toute réglementation. Ces embarcations, de plus en plus ancrées dans les loisirs des Français, présentent pourtant des risques. La Commission de la sécurité des consommateurs (CSC) demande donc aux pouvoirs publics un encadrement plus strict.
Chaque année, 40 000 canoës, kayaks et flotteurs de nage sont vendus en France. Et pourtant, aujourd'hui, en dehors de l'obligation générale de sécurité posée par l'article L.221-1 du code de la consommation (1), ils ne sont soumis à aucune réglementation spécifique. Exclus du champ de la réglementation applicable aux « embarcations de plaisance de 2,50 mètres à 24 mètres », de celle des « embarcations légères de plaisance mues exclusivement par l'énergie humaine », et également du cadre des « jouets nautiques », ils ne peuvent être apparentés qu'à de simples « engins de plage ». Or ceux-ci ne font l'objet d'aucune prescription technique relative à leur construction et, notamment, leur stabilité et leur flottabilité. Et c'est bien ce qui inquiète la Commission de la sécurité des consommateurs (CSC). Elle demande aux pouvoirs publics de mettre un terme à cette situation. « Il faut prendre les dispositions réglementaires et normatives fixant les exigences essentielles de sécurité (stabilité, flottabilité) applicables à ces embarcations légères de mer et de rivière », explique la Commission. Enfant coincé sous les sièges
Pour évaluer les risques, tant du point de vue de la performance des matériaux que de la pertinence des marquages et des notices d'utilisation, la CSC a fait tester par un laboratoire indépendant la solidité, la stabilité, l'insubmersibilité et la maniabilité des embarcations les plus représentatives du marché (2). Les résultats doivent être pris au sérieux. Les kayaks gonflables s'avèrent plutôt maniables et confortables, mais peuvent se révéler trop réactifs et difficiles à diriger en eau calme. En outre, ils offrent une forte prise au vent, d'où un risque d'éloignement du bord. Les embarcations rigides ne comportent pas les informations permettant aux pratiquants de limiter les risques de retournement (poids maximal embarqué et répartition des charges). Enfin, le canoë rigide testé présentait un revêtement susceptible de provoquer des glissades, voire le coincement d'un enfant sous les sièges. La CSC note également des risques de blessures ou de coupures dues à certains défauts de finition. « D'une manière générale, les marquages de sécurité présents sur ces bateaux s'avèrent très insuffisants et les notices d'utilisation souvent inexistantes », regrette la CSC. Des lacunes auxquelles il faudra bien remédier pour que les consommateurs, à coup sûr, arrivent à bon port.
Camille Gruhier 1. « Les produits et les services doivent, dans des conditions normales d'utilisation ou dans d'autres conditions raisonnablement prévisibles par le professionnel, présenter la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre et ne pas porter atteinte à la santé des personnes. » 2. Canoës et kayaks utilisés par le grand public à des fins de loisirs en mer ou en eaux intérieures et flotteurs de nage en eau vive. L'étude exclut les engins de type rafts ou kayaks de mer.
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