| 27/01/08 Concurrence aérienneLa colère de Ryanair La compagnie low cost (à bas coût) Ryanair accuse certains voyagistes en ligne de vendre ses billets sans autorisation et à des prix trop élevés. Le transporteur irlandais endosse une nouvelle fois ses habits de chevalier blanc. Comme pour mieux cacher ses propres turpitudes ?
C'est en quelque sorte une nouvelle illustration de la fable de l'arroseur arrosé ! Toujours prête à dénoncer les écarts de ses concurrents, Ryanair, la compagnie aérienne irlandaise low cost (à bas coût), s'élève cette fois-ci contre... les prix prohibitifs de ses propres billets ! Bien sûr, Ryanair ne vise pas ceux qu'elle vend directement sur son site Internet, mais les billets vendus à son nom par quelques voyagistes en ligne, comme Opodo et Bravo Fly. « Ils facturent des prix qui peuvent parfois atteindre le triple de nos tarifs alors qu'ils les achètent sur notre site Internet », s'est indigné, devant la presse, Mathieu Glasson, directeur des ventes France. Et de donner deux exemples : un vol aller-retour Paris-Madrid en date du 31 janvier vendu 20 euros TTC qui passe à 64 euros chez Opodo (différence de 220 %), un vol aller-retour Marseille-Londres pour le 29 février à 47,97 euros chez Bravo Fly alors que la compagnie le cède à 25,97 euros (+84 %). Mathieu Glasson reproche également à ces voyagistes en ligne de ne pas informer correctement les passagers des conditions de vente en vigueur chez Ryanair. Ainsi les acheteurs ne sont-ils pas prévenus qu'ils devront payer un supplément si le poids de leurs bagages dépasse les 15 kg. Dans sa diatribe, le responsable Ryanair vise particulièrement Opodo. Une cible qu'il n'a probablement pas choisie au hasard. Ce voyagiste est détenu à 25 % par de grandes compagnies classiques, dont Air France-KLM. Or, les rapports entre les deux transporteurs sont exécrables. Ryanair n'hésitant pas à régulièrement accuser Air France, devant les médias ou en justice, des pires turpitudes. La dernière passe d'armes s'est produite autour de la nouvelle surcharge carburant imposée début 2008 par la compagnie française à ses passagers du fait de l'augmentation des cours du pétrole. Par ailleurs, l'année dernière, Ryanair avait perdu le procès fait à Opodo visant à lui interdire de vendre ses billets d'avion... Rideau de fumée
En attaquant publiquement quelques voyagistes en ligne, Ryanair dresse aussi un rideau de fumée devant ses pratiques tarifaires plus ou moins contestables. À plusieurs reprises, « Que Choisir » a prévenu qu'il y avait souvent de belles différences (à la hausse !) entre les tarifs qui figurent en page d'accueil du site web de la compagnie (ou sur ses publicités) et celui qui sera finalement payé au moment de valider son achat. Comme de nombreuses autres low cost, Ryanair raffole en effet des suppléments payants qui, tout au long du processus de commande, viennent s'ajouter au prix initial. Par exemple, des frais sont facturés pour les bagages de cabine, l'enregistrement des bagages à l'aéroport, le paiement par carte bancaire... Mise en cause, Opodo a rejeté les accusations de Ryanair par la voix de sa directrice générale. Petra Friedmann a ainsi déclaré ne rajouter que « quelques modestes frais d'agence, de l'ordre de 5 à 7 euros par trajet ». Fermez le ban !
Arnaud de Blauwe
| |