| 14/10/08 Internet : les différents canaux d'accès Loin devant le câble et le satellite, l'ADSL domine largement l'accès à Internet dans les foyers. La fibre optique, elle, toque à la porte. Si le wi-fi se banalise, le CPL et le Wimax restent quant à eux marginaux. Tour d'horizon des technologies d'accès et de leurs spécificités.
Que d'acronymes et de termes barbares dans l'univers de l'accès à Internet ! ADSL, CPL, fibre optique, wi-fi, Wimax... Difficile, pour un non-spécialiste, de tout comprendre. Concrètement, plusieurs technologies de réseau permettent de relier l'utilisateur final, chez lui, aux infrastructures du FAI (fournisseur d'accès à Internet).
ADSL
Celle qui est, de loin, la plus répandue est l'ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line ou, littéralement, « Ligne d'abonné numérique asymétrique »). Elle appartient à la famille xDSL, qui désigne les technologies basées sur le réseau téléphonique traditionnel. Son principe de fonctionnement repose sur la division de la bande passante en trois parties. La première transporte la voix, la seconde les données envoyées par l'abonné sur le réseau, et la troisième les données reçues par l'abonné (les téléchargements). On parle de ligne asymétrique parce que les débits ascendants (de l'abonné vers le réseau) sont inférieurs aux débits descendants (du réseau vers l'abonné). Simple à déployer car basé sur un réseau existant (celui du téléphone), l'ADSL a permis de démocratiser le haut débit en France. Mais aujourd'hui, la technologie semble atteindre ses limites. Amélioré à plusieurs reprises (ReADSL, ADSL2+...), le réseau ADSL plafonne aujourd'hui à 25 Mbit/s dans le meilleur des cas alors que le très haut débit (fibre optique) promet des débits bien plus importants. Ensuite, la technologie souffre d'un écueil majeur : la connexion se dégrade à mesure que la distance entre le central téléphonique et le modem de l'abonné augmente. Câble
Avec moins de 5 % des foyers connectés par son biais, le câble est néanmoins la seconde technologie la plus utilisée. En France, les premiers réseaux câblés sont apparus dans les années 1970, mais le déploiement massif chez les particuliers a débuté au début des années 2000. Historiquement, ils avaient vocation à offrir une alternative à la télévision hertzienne. Mais leurs capacités en débit (supérieures à celles de l'ADSL) a permis aux câblo-opérateurs de proposer, eux aussi, des offres « triple play » (Internet, téléphone, télévision). Numericable détient la quasi-totalité du marché. Le FAI possède son propre réseau (constitué de câble coaxial) et dessert principalement des zones urbaines. Comme ses homologues de l'ADSL, l'opérateur rénove depuis quelques années son réseau pour migrer vers la fibre optique et offrir ainsi aux abonnés une connexion à « très haut débit ». Fibre optique
La fibre optique est un fil en verre ou en plastique très fin qui a la propriété de conduire la lumière. Ce signal lumineux permet de transmettre une grande quantité d'informations, sans commune mesure avec le réseau cuivré de l'ADSL ou les câbles coaxiaux des câblo-opérateurs. Déjà utilisée pour la plupart des communications longue distance (via des câbles terrestres et sous-marins), la fibre optique arrive chez les particuliers. Orange, Free, Neuf (SFR) et Numericable déploient actuellement leurs infrastructures et font migrer leurs premiers clients. Les villes françaises devraient être bien couvertes en 2010. Les habitants des zones rurales devront, eux, patienter un peu plus longtemps. Avec des débits symétriques pouvant atteindre 100 Mbit/s, la fibre optique peut transporter simultanément la télévision HD sur plusieurs postes, l'Internet très haut débit pour surfer ou encore jouer en réseau et la voix sans perte de qualité. Avec de telles capacités, télécharger un morceau de musique ne demande plus qu'une poignée de secondes, un film ne prend pas plus de trois minutes. Envoyer ses photos sur Internet et recevoir des courriels avec de grosses pièces jointes est instantané. Le confort d'usage est donc nettement amélioré. Autre avantage de la fibre, l'atténuation du signal est nettement plus faible (0,2 dB/km contre 15 dB/km pour le cuivre), l'abonné éloigné du noeud de raccordement n'est donc pas forcément moins bien loti.
Les accès radio
ADSL, câble et fibre optique ont ceci de commun qu'il s'agit, physiquement, de « tuyaux » dans lesquels passent les données. On peut également se connecter à Internet par les airs, sans aucun fil ; il s'agit des accès par ondes radio. C'est le cas par exemple des réseaux cellulaires des opérateurs mobiles. Les réseaux EDGE (2,5G), UMTS(3G) et HSDPA (3G+) permettent de surfer et d'échanger des courriels en situation de mobilité, depuis un téléphone évolué (« smartphone ») ou un ordinateur portable (avec une clé USB spéciale). C'est également par les ondes que l'on peut se connecter en wi-fi. Chez un particulier, un réseau wi-fi, outre le fait qu'il permet de se connecter sans fil, sert notamment à partager la connexion entre plusieurs ordinateurs pour accéder au Web à ou créer un réseau local pour échanger des fichiers. Une connexion ADSL ou câble est de toute façon nécessaire pour amener le signal jusque dans la maison, une borne émettrice wi-fi (désormais intégrée aux « box » des opérateurs) se charge de le diffuser. Le concept est le même à plus grande échelle pour les points d'accès dans les lieux publics (bibliothèques, jardins, gares, aéroports, etc.). Le Wimax, quant à lui, peut être envisagé comme un wi-fi à grande échelle. Cette technologie a pour vocation de fournir une connexion Internet à haut débit sur une zone de couverture de plusieurs kilomètres autour d'une station de base. En théorie, elle permet d'obtenir des débits montants et descendants de 70 Mbit/s avec une portée de 50 kilomètres. Mais les éventuels obstacles rencontrés dans le périmètre (arbres, reliefs, immeubles, etc.) affectent la portée et le débit. Côté usages, on envisage le Wimax sous deux aspects, l'un fixe, l'autre mobile. La technologie pourrait permettre de connecter à Internet les habitants de zones non couvertes par l'ADSL. Mais elles ne représentent « que » 2 % du territoire. Ou bien agir comme une dorsale géante afin de relier entre eux les hot spots wi-fi et de créer ainsi un réseau sans fil national... Mais ce modèle devra trouver sa place entre les technologies du haut débit fixe et du haut débit mobile. En l'absence de marché suffisamment pertinent, le Wimax, aujourd'hui, piétine. Seuls quelques milliers de particuliers en profitent. Les détenteurs de licence sont pourtant soumis à des obligations de déploiement des infrastructures, mais ils tardent à s'exécuter. En septembre 2008, seuls 3 sur 19 respectaient leurs engagements. Dernier canal possible pour accéder à l'Internet haut débit : le satellite. Plusieurs opérateurs proposent ce type de service (Nordnet, Numeo, Sat2way, Viveole...), mais l'offre reste assez confidentielle et vise les habitants de zones non desservies par l'ADSL. Le satellite (bi-directionnel) est en effet totalement indépendant des réseaux terrestres. Mais, même s'il peut être subventionné par certains Conseils généraux, l'équipement nécessaire (parabole et modem) reste assez onéreux : il faut compter environ 400 euros sans les frais d'installation. Et ajouter une cinquantaine d'euros minimum pour un abonnement mensuel haut débit. Le CPL
Pour partager une connexion à domicile, il existe une solution alternative au wi-fi : il s'agit de la technologie des Courants porteurs en ligne (CPL). Cette fois, c'est le réseau électrique qui amène Internet dans chaque pièce de l'habitat. Il suffit de brancher au modem un adaptateur CPL, par ailleurs connecté dans une prise électrique. Ensuite, chaque utilisateur se connecte à Internet en branchant son ordinateur à n'importe quelle prise murale, via un câble Ethernet ou USB. Protégé par une clé de cryptage WEP ou WPA, un réseau wi-fi n'est pas sécurisé à 100 % : il peut être la proie de pirates informatiques qui peuvent faire sauter les verrous. Un réseau CPL s'arrête, lui, au compteur EDF. Il offre donc un meilleur niveau de sécurité. La technologie CPL permet également de connecter un bâtiment entier (résidence, école, hôpitaux, etc.) ; EDF a même créé une filiale dédiée à cette activité (edev CPL).
| |