Marché de l'énergie Le pire est à craindre - brève

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28/11/06
Marché de l'énergie

Le pire est à craindre


À partir du 1er juillet 2007, le marché de l'énergie sera ouvert à la concurrence et les Français pourront changer de fournisseur de gaz ou d'électricité. Si le scénario anglais se reproduit en France, une inflation intolérable des tarifs est plus que probable.

Dix ans après l'ouverture à la concurrence du secteur de l'énergie, nos voisins anglais font grise mine. Certes, durant les premières années suivant la libéralisation, les prix du gaz et de l'électricité ont eu tendance à baisser. Mais à en croire les constatations de l'Agence internationale de l'énergie, rapportées par l'Agence France-Presse, ils ne cessent d'augmenter depuis 2001 pour atteindre aujourd'hui des niveaux record. Selon un bilan effectué par l'organisme de protection des consommateurs Energywatch, la facture annuelle des foyers anglais a gonflé ces trois dernières années de 91 % pour le gaz et de 58 % pour l'électricité. Trois millions de foyers anglais consacrent aujourd'hui au moins un dixième de leurs revenus à l'énergie, contre 1,8 million en 2003.

La flambée des prix de gros du gaz et l'augmentation des tarifs du fioul et du charbon, utilisés dans la plupart des centrales électriques anglaises, n'expliquent pas tout. Visiblement, la concurrence n'a pas joué pleinement son rôle. D'ailleurs, sur les 26 fournisseurs apparus au moment de la libéralisation, seuls 6 ont survécu.

Ce bilan n'a pas de quoi rassurer les consommateurs français qui, à partir du 1er juillet prochain, pourront eux aussi opter pour les tarifs dérégulés, c'est-à-dire fixés librement par les fournisseurs. Comme au Royaume-Uni, il y a fort à parier que les offres, séduisantes au début pour attirer un maximum de clients, perdront petit à petit de leur attractivité. Cette stratégie aura des conséquences d'autant plus grandes pour les clients qu'ils ne pourront plus revenir en arrière. Le projet de loi prévoit en effet que les particuliers ayant opté pour une offre dérégulée ne pourront plus revenir au tarif régulé, même si leur facture se met à flamber. Dénonçant un « piège tendu aux consommateurs », l'UFC-Que Choisir se bat avec énergie pour permettre un droit au retour.



Cyril Brosset

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