OGM Un pas en avant, deux en arrière - brève

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08/12/07
OGM

Un pas en avant, deux en arrière


Les décisions annoncées lors du Grenelle de l'environnement avaient réussi à contenter tout le monde. L'arrêté publié jeudi fait au contraire l'unanimité contre lui.

C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Les associations de défense de l'environnement avaient déjà quelques doutes sur la mise en oeuvre des décisions arrêtées au Grenelle, l'arrêté publié jeudi 6 décembre les a fait sortir de leurs gonds. Le texte prévoit en effet que l'utilisation de semences de maïs transgénique Mon 810 (le seul à être autorisé à la culture en Europe) est suspendue jusqu'à la publication d'une loi relative aux OGM et « au plus tard jusqu'au 9 février 2008 ». Cette date correspond à la fin de la session parlementaire, les débats étant interrompus durant la campagne pour les élections municipales. Ce texte n'a que peu d'incidences concrètes, puisque les semis n'ont lieu qu'en avril. Mais il réussit à mécontenter tout le monde.

Les semenciers déplorent l'opprobre jeté sur leurs produits « alors qu'aucun élément nouveau ne laisse penser qu'il y a un problème ». La FNSEA se demande « quelle mouche a piqué le ministre de l'Agriculture. Ce texte n'apporte strictement rien, il ne fait qu'enflammer la polémique alors que le Grenelle avait réussi à élever le débat ». Enfin, les associations écologistes y voient un feu vert donné à la poursuite de la culture d'OGM. Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, respectivement ministre et secrétaire d'état à l'Écologie, s'étaient pourtant engagés à activer la clause de sauvegarde prévue par la réglementation européenne, qui permet à un État membre de suspendre l'autorisation de culture d'une plante transgénique. « Cette promesse est rompue. Celle de Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré clairement qu'une évaluation sanitaire et environnementale solide était nécessaire avant de pouvoir autoriser la culture d'OGM, aussi : on ne peut pas imaginer que cette évaluation soit achevée au 9 février », déplore Yannick Jadot, porte-parole de l'Alliance pour la planète. Cette organisation, qui regroupe 82 associations écologistes, avait déjà protesté contre le projet de loi transmis le 3 décembre au Conseil d'État, estimant qu'il avait « perdu toutes les ambitions affichées lors du Grenelle de l'environnement, la liberté de consommer et de produire sans OGM étant abandonnée au profit de la légalisation de la présence d'un peu d'OGM partout ».

Pour marquer son mécontentement, l'Alliance pour la planète a annoncé jeudi qu'elle suspendait sa participation au Grenelle de l'environnement.



Fabienne Maleysson

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