| 08/03/08 ObésitéLeclerc dégaine le premier Conformément à la demande du ministère de la Santé, les magasins Leclerc vont supprimer dès juin prochain les confiseries pour enfants aux caisses. Une concertation est en cours entre associations de consommateurs et industriels afin d'évincer des programmes télé pour enfants la publicité pour les aliments gras et sucrés.
On le sait, Michel-Édouard Leclerc, patron des enseignes du même nom, est un habitué des coups médiatiques. Mais cette fois, il donne l'exemple, et ça mérite d'être souligné. Leclerc a décidé de supprimer, dès le 1er juin prochain, les sucreries et chocolats pour les enfants situés au niveau des caisses des supermarchés. Il est de ce fait le premier à satisfaire à la demande du ministère de la Santé qui, le 4 février dernier, avait fait de ce retrait un des axes de son action contre l'obésité. Cette annonce s'inscrit d'ailleurs dans un contexte plutôt favorable. En effet, suite à la campagne menée par le collectif « Obésité : protégeons nos enfants » (1), des mesures susceptibles de freiner la progression de l'épidémie pourraient bientôt voir le jour. Un cycle de négociations vient ainsi de débuter entre industriels, distributeurs et représentants des consommateurs afin, précisément, de trouver un accord sur le retrait des confiseries aux caisses de l'ensemble des grandes surfaces. Mais pas seulement. Il s'agit également de s'entendre sur la suppression de la publicité pour les produits gras et sucrés pendant les programmes télévisés pour enfants. L'enjeu de ces discussions est de taille : deux millions de jeunes sont actuellement en surpoids ou obèses, et développent des pathologies en conséquence, comme le diabète ou les problèmes articulaires. Les cantines scolaires ne seront pas épargnées. Car malgré la circulaire de 2001, l'équilibre alimentaire n'est toujours pas une priorité dans l'élaboration des menus. Le futur texte pourrait tout simplement devenir contraignant, obligeant les établissements à prendre au sérieux les questions nutritionnelles. Au total, après 30 ans de passivité des pouvoirs publics, les signaux envoyés par le ministère de la Santé sont plutôt encourageants. Reste à les concrétiser. Et à s'attaquer à de nouveaux chantiers, comme la publicité sur Internet, ou la valorisation des fruits et légumes dans les magasins.
Anne-Sophie Stamane (1) Composé des 6 associations suivantes : AFD, ANDRM, CCC, FCPE, PEEP, UFC-Que Choisir
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