| 05/01/08 ObésitéLes Anglais à la pointe Depuis le 1er janvier, le gouvernement britannique a élargi aux programmes destinés aux adolescents l'interdiction des publicités pour les aliments trop riches, déjà instaurée en avril dernier. La France, elle, se contente toujours de messages sanitaires sans grand effet.
L'UFC-Que Choisir le demande depuis longtemps en France. C'est finalement le gouvernement britannique qui l'a fait. Depuis le 1er avril 2007, toutes les publicités télévisées pour les boissons et aliments trop riches en sucre, en graisse ou en sel diffusées outre-Manche étaient déjà interdites durant les émissions visant les enfants de 4 à 9 ans. Depuis le 1er janvier, cette interdiction est élargie aux programmes destinés aux moins de 16 ans. Les chaînes entièrement dédiées aux programmes pour enfants auront jusqu'au 1er janvier 2009 pour éliminer de leurs écrans les publicités pour les produits déséquilibrés. Si les Britanniques ont pris cette mesure radicale, c'est parce que la situation est grave. Selon une étude publiée en septembre dernier, la moitié de la population risque d'être obèse d'ici 25 ans si rien n'est fait. En 2004, l'Ofcom, le CSA britannique, a également démontré que la publicité télévisée avait des effets importants sur les comportements alimentaires des enfants. La situation n'est guère plus reluisante en France. En 2006, l'UFC-Que Choisir avait d'ailleurs publié une enquête montrant que 89 % des produits vantés dans les spots diffusés durant les émissions pour enfants n'étaient pas équilibrés nutritionnellement. Malgré les promesses de certains fabricants, la situation n'avait pas évolué l'année suivante (87 %). C'est pourquoi l'UFC-Que Choisir réitérait sa demande d'interdiction pure et simple des publicités télévisées pour les produits déséquilibrés lors des programmes visionnés par les enfants. A ce jour, le gouvernement s'est contenté d'imposer que des messages sanitaires visant à promouvoir l'activité ou à déconseiller le grignotage soient insérés dans les spots, sans grand effet. Doit-on espérer que le salut vienne des marques elles-mêmes ? Plusieurs multinationales de l'agroalimentaire (Burger King, Kellogg's, Nestlé, Coca-Cola...) se sont en effet engagées auprès de la Commission européenne à ne plus insérer de publicités dans les programmes destinés aux moins de 12 ans pour les produits qui ne respecteraient pas certains critères nutritionnels. Cependant, pour qu'un tel engagement permette réellement de protéger les enfants, encore faudrait-il qu'il soit signé par l'ensemble de l'industrie agro-alimentaire. Or seulement onze entreprises ont signé ce document ! Il faudrait également que les critères évoqués par ces professionnels, réservent les publicités aux seuls produits qui ont un réel intérêt nutritionnel. Or ces critères n'ont sont toujours pas publiés ! Aucune de ces conditions préalables n'étant réunies, cet engagement ressemble fort à un effet d'annonce dans le but stratégique de retarder la mise en place de mesures contraignantes, à un moment où les gouvernements européens prennent enfin conscience de la nécessité d'une réglementation.
Cyril Brosset
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