| 07/07/08 Logiciels pré-installésOn tourne en rond Alors que les procès pour vente liée se multiplient, constructeurs et distributeurs d'ordinateurs refusent toujours de laisser le consommateur libre de ne pas acheter les logiciels préinstallés sur les machines. Le gouvernement pourrait passer outre leur opposition et légiférer.
Jeudi, dans les colonnes du « Parisien », Luc Chatel, secrétaire d'État à la consommation, s'est dit favorable à la possibilité de se faire rembourser le système d'exploitation préinstallé quand on achète un ordinateur. La nouvelle est plutôt réjouissante pour les consommateurs. Mais une réunion à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) entre les différents acteurs de ce dossier sensible, à laquelle participait l'UFC-Que Choisir, a montré que le chemin serait encore long. Les constructeurs (HP, Dell, Asus, Acer, etc.) et les principaux distributeurs (Fnac, Darty, Surcouf, etc.) ont en effet campé sur leurs positions, refusant catégoriquement de faire un pas en faveur du libre choix des consommateurs. Et ce malgré les nombreuses plaintes qu'ils reçoivent, non seulement d'adeptes des logiciels libres mais également de clients qui préféreraient s'équiper de Windows XP plutôt que de Windows Vista. La rencontre s'est donc avérée stérile. Remboursement ou désactivation
Deux propositions abouties étaient pourtant sur la table. La DGCCRF, soucieuse de trouver un compromis, a d'abord détaillé l'option consistant à faciliter la procédure de remboursement du système préinstallé, avec désactivation du logiciel à distance. L'autre solution s'articulerait autour du code d'activation du système d'exploitation, aujourd'hui collé sous l'ordinateur : la vignette pourrait être conçue de manière à se détacher facilement de la machine si, au moment de l'achat, le client souhaite renoncer aux logiciels. Dans les deux cas, il deviendrait impératif d'afficher le prix des logiciels pré-installés afin que le consommateur puisse se décider en connaissance de cause. Face à l'obstruction des fabricants d'ordinateurs et des distributeurs, Bruno Parent, directeur général de la DGCCRF, a évoqué la possibilité de passer par la loi. C'est dire si les autorités et le gouvernement sont désormais pressés de trouver une issue au problème. Il faut dire que les procès pour vente liée se multiplient devant les tribunaux de proximité, et que la récente décision de justice obligeant Darty à afficher le prix des logiciels préinstallés a fait monter la pression d'un cran. Le dossier sera rouvert dès la rentrée.
Anne-Sophie Stamane
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