Pollution Le danger vient de l'intérieur - brève

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23/11/06
Pollution

Le danger vient de l'intérieur


L'Observatoire de la qualité de l'air intérieur a mené une première étude de grande ampleur concernant la pollution intérieure : 10 % des logements analysés sont très pollués.




« La pollution chimique est plus importante à l'intérieur qu'à l'extérieur. » Le constat de la première étude à grande échelle de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur ne se veut guère rassurant. Selon cette étude, près d'un logement sur dix présente des niveaux de pollution chimique très élevés (présence simultanée de 3 à 8 composés à de très fortes concentrations) que ce soit en raison des acariens, du tabagisme, des produits d'entretien ou des appareils de chauffage. Selon le polluant, de 5 à 30 % des logements analysés présentent des valeurs nettement plus élevées que les concentrations trouvées en moyenne dans le parc.

Que retrouve-t-on exactement dans ces logements pollués de l'intérieur ? Un peu de tout, et en quantités suffisantes pour déclencher maladies chroniques et allergies respiratoires. Tout d'abord le trop fameux formaldéhyde, gaz redoutable pour son pouvoir irritant et allergisant. En 2004, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) l'a d'ailleurs fait passer de cancérogène probable à cancérogène certain pour l'homme. Un surclassement en première classe des risques. Depuis que « Que Choisir » traque les ingrédients et substances indésirables voire dangereuses dans ses tests, la présence de formaldéhyde a été révélée dans des nettoyants et détergents ménagers, des shampooings, des désodorisants d'intérieur, des tapis, des gels douche, du bois aggloméré de meubles, des peintures d'intérieur, des revêtements de sols...

En ce qui concerne les polluants biologiques, alors que le seuil de sensibilisation aux allergènes d'acariens a été fixé à 2 microgrammes par gramme, 50 % des logements ont des teneurs en allergènes d'acariens dans la poussière supérieures à 1,6 microgrammes/g, voire supérieures à 2,2 microgrammes/g pour certains acariens.

Les résultats de cette étude confirment ceux de l'étude menée par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) en mai dernier qui constatait, en moyenne, la présence de 17 microgrammes/m3 de formaldéhyde alors que cette substance ne devrait pas dépasser les 10 microgrammes/m3.

Les études, rapports, enquêtes se succèdent. Les solutions sont connues (évaluation des substances dans leurs conditions réelles d'utilisation, détermination de seuils d'exposition maximaux aux substances dangereuses, information des consommateurs par étiquetage sur la présence de substances dangereuses, politique volontariste de substitution des substances dangereuses par les pouvoirs publics, attribution à une agence publique nationale unique chargée de l'air intérieur d'un pouvoir de retrait des substances et produits dangereux...). Le bien nommé Observatoire de la qualité de l'air intérieur saura-t-il protéger les consommateurs qui passent plus de 80 % de leur temps dans des bâtiments (école, travail, domicile) ?



Franck Attia

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