28/12/07 Prix du gazPas de cadeau Le ministère de l'Économie vient d'autoriser Gaz de France à augmenter de 4 % les tarifs régulés du gaz. Une hausse importante pour les sept millions de foyers qui se chauffent au gaz.
C'en est terminé de la trêve sur le front des tarifs régulés du gaz. Confirmant les informations qui circulaient dans la presse depuis deux jours, le ministère de l'Économie vient de donner son feu vert à une hausse de 4 % pour les particuliers, qui s'appliquera dès le 1er janvier prochain. La précédente augmentation du gaz, de 5,8 %, remontait à mai 2006. Logiquement, c'est la flambée du baril de brut qui explique cette évolution. Les coûts d'approvisionnement du gaz sont en effet indexés sur les prix des produits pétroliers, qui ont connu une forte inflation tout au long de l'année 2007, et tout particulièrement depuis septembre dernier. Raison pour laquelle GDF avait réclamé à l'origine une hausse des tarifs du gaz plus élevée encore que celle qui lui a finalement été accordée, de l'ordre de 6,1 %. En n'accédant pas totalement aux exigences de GDF, le gouvernement souhaite montrer qu'il a pris en compte les intérêts des ménages, et qu'il a voulu limiter l'impact d'une telle hausse sur leur pouvoir d'achat. Car sept millions de foyers se chauffent au gaz en France. Et le moindre frémissement des tarifs a des effets importants sur leur facture. Pour autant, 4 % représentent une augmentation significative, alors même que GDF reste une entreprise florissante. Malgré un recul récent de ses résultats, liés à un hiver doux, la santé du gazier se maintient. Au 1er semestre 2007, le chiffre d'affaires atteignait 13,78 milliards d'euros, et les bénéfices engrangés s'élevaient à 1,51 milliards d'euros. Pour mémoire, le chiffre d'affaires de GDF a progressé de 21 % en 2006 et son résultat net de 29 %. En 2005, le chiffre d'affaires et le résultat net du groupe ont augmenté respectivement de +28 % et +29 %. Les motifs économiques de cette nouvelle hausse des tarifs du gaz ne sont donc pas justifiés. Les résultats exceptionnels du groupe devraient, au contraire, se répercuter sur la facture des consommateurs. Dès le mois d'avril, juste après les élections municipales, une nouvelle hausse pourrait bien avoir lieu.
Anne-Sophie Stamane
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