Accès aux soins - Inégaux - Article - brève - UFC Que Choisir

Diminuer la police Augmenter la police Imprimer

Brève

Accès aux soins

Inégaux

L'enquête « Santé protection sociale » de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) montre que 7 % des Français n'ont pas de couverture complémentaire et que 14 % ont, dans les 12 mois précédents, renoncé à des soins pour des raisons financières.

En théorie, l'instauration de la couverture maladie universelle (CMU) et du « chèque santé », censé amortir le coût d'une mutuelle ou d'une assurance santé pour les foyers modestes, aurait dû améliorer l'accès aux soins de la population. Dans les faits, les progrès restent très limités : selon l'enquête « Santé protection sociale » réalisée en 2006 par l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (IRDES), 14 % des personnes interrogées ont, par manque de moyens, renoncé à des soins dans les 12 mois précédents. Un chiffre globalement stable depuis 2002. Sans surprise, les soins et prothèses dentaires, depuis toujours très mal remboursés par l'assurance maladie, sont les premiers sacrifiés. Viennent ensuite les lunettes, pour lesquelles la prise en charge est également marginale.


L'absence de couverture complémentaire explique en grande partie la persistance du phénomène : 7 % des Français déclarent n'en avoir aucune. Et parmi eux, 32 % reconnaissent avoir dû reporter ou annuler certains soins pour raisons financières. L'IRDES souligne que ce sont les chômeurs qui sont le moins couverts, notamment parce qu'ils ne bénéficient pas des contrats d'entreprise. Les autres ménages sont plus souvent dotés d'une complémentaire santé, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont automatiquement bien protégés. Car ceux dont les revenus sont bas optent pour les contrats les moins chers, dont les garanties sont limitées. Voilà pourquoi 13 % des individus qui ont une mutuelle renoncent tout de même à certains soins.


Moins complète, la complémentaire pèse aussi plus lourd dans le budget des plus modestes, puisqu'elle représente en moyenne 10,3 % de leurs ressources. Au final, note l'IRDES, malgré les dispositifs en place, « l'accès à la couverture complémentaire reste fortement inégal en France ». Et « ce sont les ménages dont les revenus sont les plus faibles (chômeurs, ouvriers, employés du commerce...) qui déclarent à la fois un plus mauvais état de santé, les taux de couverture en complémentaire santé les plus bas et le plus de renoncements aux soins ». Une situation inquiétante, alors même que les pouvoirs publics annoncent leur intention de faire davantage de place aux mutuelles et aux assurances dans la prise en charge des dépenses de santé.


Anne-Sophie Stamane

Voir aussi

Les Brèves disponibles

Exprimez-vous dans nos forums

Assurance maladie

Recevez gratuitement
notre lettre hebdomadaire

En savoir plus

Imprimer