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Tabac

La meilleure façon d'arrêter


Pour aider les fumeurs à s'affranchir de la cigarette, la Haute autorité de santé prône une aide financière au sevrage tabagique et recommande d'inciter les candidats à l'arrêt à suivre un programme.

Les fumeurs qui tentent de se sevrer sans aide n'ont quasiment aucune chance d'y arriver. Entre 6 et 12 mois après avoir arrêté la cigarette, à peine 3 à 5 % d'entre eux tiennent le coup. Tous les autres rechutent, en raison de la dépendance à la nicotine. D'où la nécessité d'un soutien, pharmacologique ou non, estime la Haute autorité de santé (HAS) dans son avis rendu mercredi. L'instance y énumère les méthodes possibles : les substituts nicotiniques ont fait leurs preuves et sont fortement conseillés aux femmes enceintes, aux adolescents et aux patients atteints de troubles psychiatriques. Les solutions non médicamenteuses que sont les thérapies comportementales et cognitives, de même que l'aide psychologique que peuvent apporter les professionnels de santé, sont également indiquées. L'idéal, note la HAS, serait, après évaluation du degré de dépendance au tabac, de combiner les stratégies dans un véritable programme individuel, qui prendrait aussi en compte les troubles dépressifs et un éventuel alcoolisme. Ce suivi « pourrait, par exemple, prévoir une primo-prescription, qui marque l'initiation de la démarche de sevrage, réévaluée au bout d'une à deux semaines, avec adaptation éventuelle de la posologie et des thérapeutiques associées ».

Même si l'achat de cigarettes coûte plus cher qu'un traitement, la prise en charge financière du sevrage par la collectivité est aussi un facteur de réussite de l'arrêt, estime la HAS. À ses yeux, pourtant, il n'est pas forcément souhaitable d'inscrire formellement les substituts nicotiniques sur la liste des médicaments remboursables. Le « subventionnement de la démarche de sevrage tabagique » est préférable. Le gouvernement a fait un premier pas dans ce sens : à partir du 1er février, date du renforcement de l'interdiction de fumer dans les lieux publics, il rembourse 50 euros par an à qui se fait prescrire des substituts nicotiniques par son médecin.

Les méthodes fumeuses

La Haute autorité de santé a également répertorié les médicaments et méthodes inefficaces pour arrêter de fumer. La liste est longue. Sont déconseillés : les anorexigènes, les bêtabloquants, la caféine et l'éphédrine, la clonidine (hypertension artérielle), la cimétidine (ulcère et reflux), le Nicoprive, les antidépresseurs, les anxiolytiques, l'homéopathie, la lobéline, l'ondansétron (contre les vomissements), la vaccinothérapie, l'acétate d'argent, l'acupuncture, la mésothérapie, l'auriculothérapie, les cigarettes sans tabac, l'hypnose et le laser.




Anne-Sophie Stamane

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