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Editorial

Élection présidentielle

Pour un pacte consumériste

img_alainbazot Alain Bazot
Président de l'UFC-Que Choisir

L’élection présidentielle 2007 avait été sans saveur consumériste. Aucun des candidats, même ceux s’étant posés en défenseurs du pouvoir d’achat, n’avaient pris d’engagements ambitieux en termes de consommation. Vos réponses à la consultation nationale organisée par l’UFC-Que Choisir montrent qu’elle sera un thème important du prochain scrutin.

Évanouies, les ambitions de mettre fin aux excès tarifaires dans la grande ­distribution en restaurant une véritable concurrence entre les enseignes ; dissipés, les rêves d’une régulation efficace des marchés de l’énergie pour protéger les particuliers de flambées tarifaires ; disparue, la réforme tant attendue des frais bancaires pour plus de transparence et moins de cherté ; oubliée, l’action de groupe commandée par le président de la République en début de quinquennat à la ministre de l’Économie… La longue litanie des espoirs déçus révèle combien le bilan consumériste de la mandature sera maigre. Dans ces conditions, et alors que la crise économique risque de perdurer avec les événements internationaux de ces derniers mois, pas étonnant que les consommateurs se sentent abandonnés, livrés aux dérives des professionnels. Dans ce contexte, trois secteurs préoccupent particulièrement les Français : la santé, la banque et l’alimentation, avec deux griefs communs que sont les excès tarifaires et le manque d’information. ­Habituée à figurer au palmarès des secteurs les plus litigieux, en raison de son opacité et de ses tarifs exorbitants, la banque n’est pas prête d’abandonner sa place sur le ­podium, comme l’atteste notre étude sur les frais d’incidents de paiement des cartes bancaires. Le constat est accablant : 23 % des clients, pour la plupart en situation d’extrême fragilité, paient 2,7 milliards d’euros pour ces frais, dont 1,8 milliard au seul titre des commissions d’intervention. C’est autant que le montant des cotisations versées par l’ensemble des possesseurs de cartes bancaires ! Un constat d’autant plus scandaleux que, pour les banques, le coût réel des frais d’incidents de paiement ne dépasse pas les 450 millions d’euros, soit une marge de 83 % ! Une nouvelle fois, la preuve est faite que les banques n’envoient aux clients en train de se noyer que des gueuses de fonte qu’elles font payer à prix d’or ! Cette ­démission des pouvoirs publics s’agissant des droits des consommateurs n’est plus tolérée par ces derniers qui, à 91 %, ­réclament que la consommation soit un thème important de la prochaine campagne présidentielle… L’UFC-Que Choisir s’engage en ce sens puisque, sur la base des résultats de la consultation nationale qu’elle a ­lancée en mars dernier à l’occasion de son 60e anniversaire, elle travaille à l’élaboration d’un pacte consumériste. Il contiendra une série de propositions concrètes que nous soumettrons, à l’instar du pacte écologique en 2007, aux candidats. Si, en 2012, certains d’entre eux se ­présentent sans idées, l’UFC-Que Choisir fera en sorte que ses idées consuméristes, elles, ne restent pas sans candidat !

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