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Editorial

Air intérieur

Rentrée parlementaire polluée

Après des vacances souvent propices à un changement d'air, la rentrée marque généralement un retour dans des lieux fermés. En retrouvant leur chambre, les parlementaires devraient plus que jamais être sensibilisés au problème de la pollution de l'air intérieur. Et agir en conséquence !

Bye-bye montagne, plage, forêt, campagne, grand air... réintégration dans nos lieux de vie confinés, transports, travail, domicile, et leur lot de formaldéhyde, benzène et autres substances chimiques qui sournoisement les hantent ! En effet, trop ignorent que l'intérieur, où nous ­passons près de 85 % de notre temps ­(habitations, bureaux, école, transports...), est encore plus pollué que l'extérieur en raison de la myriade de substances émises par les éléments de notre quotidien ­(produits ménagers, meubles, moquettes, etc.), véritable cocktail nocif qui fait ­trinquer la santé des plus fragiles (enfants, femmes enceintes, personnes âgées).

Forte d'une expertise de plus de quinze ans, l'UFC-Que Choisir a très tôt alerté sur ce phénomène et listé les produits aux émissions dangereuses. Mais la passivité des pouvoirs publics, alliée à l'aveuglement des professionnels, a abouti à ce que la liste de substances chimiques ­utilisées ne cesse de s'allonger. Certes, les projets de loi Grenelle I et II de l'environnement ont évoqué la question, mais les mesures proposées restent largement en deçà du diagnostic. Aux grands maux, les petits remèdes !

Aux fins de provoquer une véritable prise de conscience sur ce problème majeur de santé publique, l'UFC-Que Choisir a relevé, avec leur concours, la qualité de l'air ­intérieur des logements de 35 parlementaires et de la secrétaire d'État à l'Écologie. Au vu des résultats, les législateurs seraient bien inspirés d'adopter une loi permettant de déloger la pollution des lieux de vie ! En effet, dans la totalité des prélèvements, a été détectée la présence de benzène, substance cancérogène, et de formaldéhyde, classé polluant prioritaire par l'Observatoire de la qualité de l'air ­intérieur. Bref, aucun des participants ne respire un air sain. Loin de vouloir ­stigmatiser le cas particulier des politiques, qui ont accepté aimablement de se prêter au jeu, il faut rappeler que si les comportements individuels (manque d'aération des logements, tabagie...) peuvent, pour partie, contribuer à de forts niveaux ­d'exposition, ce sont avant tout les ­produits de consommation courante qui sont à l'origine de cette pollution aussi inodore qu'omniprésente.

Pour que la salubrité de l'habitat domes­tique devienne une priorité de santé ­publique, l'UFC-Que Choisir demande aux législateurs, particulièrement à ceux qui ont participé à cette expérience, d'adopter les mesures qui s'imposent : évaluation des substances dans les conditions réelles d'utilisation, interdiction des molécules dangereuses, instauration d'un étiquetage draconien, incitation à installer dans tous les logements une ventilation à double flux. Bref, un cocktail de mesures pour obliger les fabricants à une sobriété chimique. Mesdames et Messieurs les ­parlementaires, à votre santé !

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