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Editorial

Fin de partie

JPG Jean-Paul Geai
Rédacteur en chef

Avec le vote de l’interdiction du bisphénol A (BPA) dans les contenants alimentaires à compter de 2014, et dès 2013 pour ceux de produits destinés aux enfants de moins de trois ans, les ­industriels de la chimie vont devoir s’activer pour lui trouver un substitut non toxique. La tâche est difficile car le BPA est partout et sa nocivité de plus en plus reconnue. Ce composant chimique des plastiques se retrouve aussi bien à l’intérieur des boîtes de conserve et des canettes, pour les ­protéger de la corrosion au contact des ­aliments, que dans les jouets, les appareils électroménagers, les articles de sport ou de puériculture, les lentilles de contact, les composites dentaires, les CD et DVD, etc. Dès 2010, Que Choisir invitait à la prudence face à ce perturbateur endocrinien qui migre facilement dès qu’il est chauffé. Et sa présence dans les biberons en plastique est désormais interdite. Tout s’est accéléré depuis avec la publication, fin septembre, d’un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) qui recommande de remplacer « sans tarder » le bisphénol A à cause ­d’effets sanitaires « avérés chez l’animal » (effets sur la reproduction, sur la glande mammaire, sur le métabolisme, le cerveau et le comportement) et d’autres « suspectés chez l’homme » (effets sur la reproduction, diabète, pathologies cardio-vasculaires). Et les experts d’ajouter que cette substance peut « avoir des effets plus importants à très faibles niveaux d’exposition qu’à haut ­niveau » et que sa toxicité varie aussi ­fortement selon les individus et la période de leur vie durant laquelle ils sont exposés. L’Anses considère donc qu’il convient de réduire sans attendre les risques d’exposition des populations sensibles que sont les nourrissons, les femmes enceintes ou ­allaitantes et les jeunes enfants. D’où ­l’interdiction votée par les députés. Une condamnation qui prouve que la prise en compte des enjeux de santé publique ­progresse au Parlement. Déjà votée en ­première lecture, l’interdiction, juste avant l’été, d’autres perturbateurs endocriniens (phtalates, parabènes et alkylphénols) ne demande qu’à être confirmée.

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