Brève
14 mars 2005
Téléchargement
Gratuit ET légal
Enregistrer de la musique diffusée sur une radio, c'est légal et gratuit. Et quand cette radio émet sur Internet, c'est tout aussi légal et gratuit. Un nouveau logiciel, Stationripper, se révèle capable de détecter et d'enregistrer tous les morceaux de musique passant sur les radios qui diffusent leurs programmes sur Internet. Ingénieux... et légal.
L'industrie du disque a encore du souci à se faire. Alors qu'elle se bat plus que jamais contre ce qu'elle nomme le piratage de la musique en ligne, un petit logiciel vient tout remettre en cause. Stationripper propose en effet d'enregistrer les titres diffusés sur les radios du Web, un peu comme on le faisait jusque-là sur les ondes hertziennes avec une chaîne hi-fi. Sauf que là, plus besoin d'attendre pendant des heures que son morceau favori soit joué. Il suffit d'inscrire le titre de la chanson et Stationripper se charge de le trouver en scannant les programmes de centaines de webradios. En quelques minutes, le fichier musical recherché se trouve transféré sur le disque dur de votre ordinateur au format MP3.
Principal avantage de ce logiciel : il permet de télécharger de la musique en toute légalité et sans débourser un centime. En effet, contrairement au peer-to-peer, le fait d'enregistrer une chanson diffusée sur une radio entre dans le cadre du droit à la copie privée qui autorise les duplications « réservées à un usage privé ». Les reversements aux ayant-droits doivent donc être assurés par les radios elles-mêmes et éventuellement par l'utilisateur, par le biais d'une taxe appliquée sur tous les supports vierges (CD, DVD...).
Autre avantage non négligeable : la version gratuite de ce logiciel permet de scanner deux radios en même temps. Et pour 14,99 dollars, ce nombre peut monter jusqu'à 600, augmentant ainsi les chances de trouver rapidement le morceau souhaité.
Le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) a bien été contraint de reconnaître la légalité de Stationripper et ne cache pas ses inquiétudes. D'autant plus qu'au même moment, un rapport sur les solutions de filtrage des échanges de musique en ligne, remis au ministre de la Culture, souligne que l'évolution rapide des plateformes de peer-to-peer « rend toujours plus difficile le repérage des pirates ».
De quoi, peut-être, inciter enfin les professionnels du disque à repenser complètement le mode de rémunération des auteurs-compositeurs.






