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L'État n'a ni parole ni coeur

Scandaleux. Le barème d'indemnisation des victimes de l'amiante adopté par le Fiva (Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante), fin janvier, divise par deux le montant auquel les victimes pouvaient jusqu'à présent prétendre. «En moyenne, explique Michel Parigot, vice-président de l'Andeva (Association nationale de défense des victimes de l'amiante), les tribunaux accordaient 200 000 euros au titre du préjudice personnel en cas de mésothéliome, un cancer spécifique de l'amiante.» Le Fiva ramène ce montant à 100 000 euros. À sa création, le fonds d'indemnisation était pourtant apparu comme un sérieux progrès et une bouée de sauvetage pour les milliers de victimes de l'amiante recensées chaque année. Mais, en décembre dernier, coup de théâtre. Un mois avant le vote sur le barème d'indemnisation, le gouvernement fait entrer deux représentants du patronat au conseil d'administration. Une décision qui n'avait rien de neutre puisque le Fiva, une fois la victime indemnisée, se retourne contre les responsables, autrement dit les employeurs. L'histoire était donc écrite. Les représentants de l'État et ceux du patronat se sont ligués pour minimiser au maximum le montant des indemnisations. Les responsables de la catastrophe sanitaire ont été les seuls à décider de la réparation, dénoncent les représentants associatifs et syndicaux. Sans cette nomination surprise de dernière minute, ils étaient en mesure d'imposer des indemnisations conformes à celles des tribunaux.


Elisabeth Chesnais

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