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Brève

La face cachée des piles

C'est l'association de protection de l'environnement Robin des Bois qui a levé le lièvre. 3 500 tonnes de piles s'entassent à ciel ouvert à Falaise, dans le Calvados, tout autour de l'usine Zimaval qui était censée les recycler. Une belle réussite, pourtant, que cette entreprise Zimaval. Ses dirigeants ont su décrocher des subventions de l'Anvar (Agence nationale de la valorisation de la recherche) et de l'Union européenne, capter de nombreux marchés. La Fnac, Surcouf, Nature et Découvertes, quelques grands distributeurs, 300 communes ont livré leurs piles à l'usine et payé la prestation d'élimination. Mais Zimaval a préféré stocker en plein air plutôt que recycler. L'efficace service commercial a aussi importé, contre espèces sonnantes et trébuchantes, les piles usagées de Taïwan et d'autres pays ! Le fleuron du recyclage, qui s'était vu attribuer les prix Life environnement, Ester d'Or et Anvar, pour son projet industriel, est désormais en redressement judiciaire. Reste à éliminer les milliers de tonnes de piles qui ont rempli ses caisses sans être traitées. Les renvoyer à leurs expéditeurs ? Délicat, puisqu'ils ont acquitté les factures d'élimination. L'argent public pourrait être mis à contribution via l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Le consommateur aura ainsi payé deux fois l'élimination de ses piles. D'abord en les achetant puisque le coût du traitement est inclus dans le prix de vente, puis une deuxième fois en tant que contribuable !


Elisabeth Chesnais

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