Brève
01 avril 2005
Terre
Le "capital nature" en danger
Apparition de nouvelles maladies, disparition des zones de pêche, bouleversements du climat... 1360 experts de 95 pays affirment, dans un récent rapport de l'ONU (Organisation des Nations Unies) que la dégradation observée de 60% des services fournis par les écosystèmes accroît la probabilité de changements brusques pouvant affecter sérieusement le bien-être des humains, d'ici 2050.
« Nous vivons au-dessus de nos moyens en prélevant sur notre capital naturel » : le message de L'Évaluation des écosystèmes pour le millénaire, rapport publié sous l'égide de l'ONU, est alarmiste. Il y a même urgence à agir, car 15 des 24 « services » fournis par la nature à l'homme (nourriture, eau douce, bois, combustibles...) sont dégradés. Durant 4 ans, 1 360 anthropologues, écologues, biologistes et économistes de 95 pays ont collaboré ensemble pour établir qu'en seulement 50 ans, les humains ont modifié les écosystèmes « plus rapidement et plus complètement qu'à tout autre moment de leur histoire ».
Depuis 1960, les prélèvements d'eau sur les lacs et les rivières pour les besoins industriels et énergétiques ont plus que doublé. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus de terres ont été converties pour l'agriculture que durant les deux siècles précédents. Pis, les activités humaines ont augmenté le rythme d'extinction des espèces de 50 à 1 000 fois par rapport aux rythmes naturels d'extinction. Et bien que développés depuis 1913, plus de la moitié des engrais azotés synthétiques utilisés pour l'agriculture l'ont été depuis 1985 !
En outre, ces changements affectant les écosystèmes, comme la déforestation, ont une influence sur l'abondance des pathogènes qui affectent les humains. Les auteurs de ce rapport citent pour exemple la malaria : « Si cette maladie avait pu être éradiquée il y a 35 ans, le produit intérieur brut du continent africain serait aujourd'hui de 100 milliards de dollars plus élevé ».
En France, afin de prouver le lien de causalité entre l'utilisation des pesticides et le développement de certains cancers, la Mutualité sociale agricole (MSA), en association avec le Groupe régional d'étude sur le cancer (Grecan) de Caen, lance une enquête épidémiologique à grande échelle auprès de 600 000 agriculteurs, population la plus exposée aux pesticides. Les premiers résultats devraient être disponibles en 2008.






