Brève
16 mai 2007
Cancer du poumon
Le risque radon
Le radon, gaz radioactif d'origine naturelle, s'infiltre dans les bâtiments et les habitations par l'air extérieur, mais surtout par le sol. Selon une étude réalisée par l'Institut national de veille sanitaire, il serait la deuxième cause de décès par cancer du poumon. Loin, cependant, derrière le tabac.
Le tabagisme est, de longue date, identifié comme la principale cause de cancer du poumon. Il ne faut toutefois pas négliger d'autres facteurs, même s'ils sont moins connus du grand public. L'Institut national de veille sanitaire (INVS) met ainsi en garde, dans son dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire, contre les méfaits du radon. Ce gaz radioactif d'origine naturelle, qui a tendance à s'accumuler à l'intérieur des logements, serait à l'origine de 5 à 12% des 25 134 décès par cancer du poumon recensés en France en 1999, selon les chercheurs de l'INVS. Le risque est trois fois plus grand pour les fumeurs, et varie aussi considérablement selon les régions. En Bretagne et en Corse, où les habitations concentrent les taux les plus élevés en raison de la composition granitique des sols, plus de 20% des décès annuels par cancer du poumon seraient provoqués par l'exposition domestique au radon.
Le radon, résidu de la dégradation de l'uranium présent dans la croûte terrestre, est de fait un cancérigène « certain », inscrit dans la classification du Centre international de recherche sur le cancer. Il s'infiltre dans les bâtiments et les habitations par les fenêtres et les portes, mais aussi, de façon plus pernicieuse, par les sols et les murs poreux. Il est bien sûr capital de penser à aérer régulièrement pour éviter que le radon ne s'accumule dans l'air ambiant, mais sa diffusion permanente limite la portée des gestes quotidiens. Une prise en charge publique du problème est indispensable, laisse entendre l'INVS. Un groupe de travail mis en place dans le cadre du Plan national Santé-Environnement planche actuellement sur la question. Il est chargé de déterminer les mesures les plus efficaces pour faire baisser les niveaux de radon dans l'habitat ancien, et étudie la possibilité d'intégrer les mesures de radon dans le diagnostic technique obligatoire en cas de vente. Pour l'habitat neuf dans les régions « à risque », il est question d'imposer des normes de construction limitant les concentrations en radon.






