Brève
19 janvier 2008
Crédits à taux variable
Une fausse faveur
Sommé par l'Élysée de venir au secours de ses clients détenant un prêt à taux variable, le Crédit foncier vient d'annoncer le plafonnement des taux. L'UFC-Que Choisir maintient sa plainte pour tromperie, de nombreux clients ayant été induits en erreur au moment de contracter leur emprunt.
Si l'on en croit le communiqué publié vendredi, le Crédit foncier a décidé de faire une fleur à ses 150 000 clients qui, détenant un prêt à taux variable, sont aujourd'hui confrontés à une forte hausse de leur taux. Il est question, pour ceux dont l'emprunt est réglementé - accession sociale ou conventionné - de plafonner le taux à 5,75 ou 6,25 %, en fonction de l'indice de référence. Pour tous les autres crédits, le taux sera limité à 6 ou 6,5 %. Et dans tous les cas, l'augmentation des mensualités ne pourra pas dépasser l'inflation.
En réalité, ces « mesures exceptionnelles » interviennent tardivement, près de 6 mois après le début de la crise. Surtout, elles ont été prises sans concertation avec les principaux intéressés, le Crédit foncier ayant refusé de recevoir ensemble l'UFC-Que Choisir et le collectif de clients qu'elle soutient. Pas étonnant, dans ces conditions, que les supposées faveurs du Crédit foncier ne soient pas à la hauteur : tout d'abord, l'établissement financier n'apporte aucune solution aux clients qui ont été induits en erreur au moment de signer leur contrat. Or les témoignages montrent bien que nombreux sont ceux qui, sous l'influence des conseillers du Crédit foncier, ont cru s'engager pour un emprunt à taux variable plafonné, assorti de mensualités constantes, réalisant trop tard que, contrairement à ce qui leur avait été promis, les échéances pouvaient varier fortement. Surtout, les taux maximum proposés par le Crédit foncier sont très élevés et ne règlent pas la situation des emprunteurs qui, à cause de la forte augmentation des mensualités, se trouvent déjà en situation de surendettement. La semaine dernière, l'UFC-Que Choisir avait annoncé sa décision de saisir la justice pour tromperie. Les propositions du Crédit foncier ne résolvant en aucune manière le problème, la plainte est maintenue.






