Désodorisants d'intérieur - UFC-Que Choisir confirme ! - Position - communiqué - UFC Que Choisir

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Communiqué

Désodorisants d'intérieur

UFC-Que Choisir confirme !

Suite au Communiqué de Presse « vengeur » des fabricants de désodorisants, l'UFC-Que Choisir confirme tous ses résultats (1) et appelle les consommateurs à la plus extrême vigilance.


L'UFC-Que Choisir constate que les industriels n'apportent aucune analyse et donc aucun résultat de test concernant l'émission de polluants (type de substances, niveau de concentration dans l'air intérieur, ...).


Les fabricants assurent ensuite respecter la réglementation en vigueur. C'est exact. Malheureusement, elle concerne seulement la composition des produits et ne s'applique pas aux substances chimiques qu'ils libèrent dans l'air intérieur. Les tests qui consistent à doser les ingrédients ne peuvent en aucun cas garantir l'absence de pollution lors de l'utilisation.


Ils affirment enfin avoir été pris par surprise. C'est étonnant. Il existe en effet plusieurs études internationales convergentes qui mettent en évidence la pollution induite par les désodorisants et les risques de certaines substances émises, notamment benzène et formaldéhyde (2).


L'UFC-Que Choisir maintient sa demande urgente de réglementation visant à :


- interdire l'usage de ces produits dans les lieux publics,


- étiqueter les produits susceptibles de provoquer des allergies ou libérant des substances cancérogènes.


(1) notre protocole de test détaillé est disponible ci-dessous.


(2) Citons l'étude de l'EPA, l'agence de protection de l'environnement américaine, sur les bougies et les encens (2001), celles de l'agence danoise de l'environnement sur les désodorisants (2003) puis sur les encens (2004).


Protocole de test

Beuc - European survey 2004

Objectif de l'étude :

L'objectif de ce travail est l'évaluation des risques consécutifs à l'utilisation des désodorisants d'intérieur. Dans cette optique, nous avons conduit des essais en simulant les conditions normales d'utilisation pour rendre compte du niveau d'exposition courant à ces produits. Les essais bien que représentatifs de la réalité ne prennent pas en compte les effets à long terme (absorption et ré-émission par les murs, les meubles, etc), les interférences et les contributions cumulées.

La méthode de mise en oeuvre et d'échantillonnage est particulière à chacune des 5 catégories de produit :

- Bougies : échantillonnage 2 heures après l'allumage

- Bâtons d'encens : échantillonnage une fois la combustion terminée soit au bout d'1 h30

- Huiles essentielles : échantillonnage 2 heures après la mise en place

- Diffuseurs électriques : échantillonnage 2 heures après la mise en marche (position maxi)

- Aérosols et vaporisateurs liquides : 3 pulvérisations espacées de 15 minutes, échantillonnage 1 minute après la dernière pulvérisation

- Diffuseurs liquides et gels : échantillonnage 2 heures après l'ouverture

Méthodologie :

Les essais ont été réalisés dans plusieurs pièces nouvellement construites du laboratoire. On a choisi 7 de ces pièces vides qui n'avaient jamais servi auparavant pour leur faible pollution de fond (substances chimiques et odeurs). Les produits sont placés au sol au milieu de la pièce et toutes les portes sont maintenues fermées pendant la durée du test.

Les échantillons sont pris à 2 mètres du produit. Une fois l'essai terminé, les portes sont ouvertes pour permettre l'aération des pièces. Nous avons observé que 3 jours au moins étaient nécessaires pour obtenir des pièces propres.

Méthodes d'échantillonnage :

3 méthodes différentes d'échantillonnage ont été mises en oeuvre pour ces essais :

- échantillonnage direct dans des sacs en Tedlar (sans pré-concentration) conformément aux normes NF-X 43-104 et EN13725. Cette méthode est celle employée pour la quantification de l'odeur par olfactométrie dynamique. Pour de faibles niveaux d'odeur, nous avons observé que les sacs devaient être purgés 3 fois avant l'échantillonnage final (afin d'éviter une perte d'absorption).

- Les COVs sont collectés sur des cartouches Tenax TA (Gerstel, Germany) conformément à la norme ISO16000-6, au débit de 100ml/min (5 pompes Gilian Gilair avec adaptateur bas débit). Une durée d'échantillonnage de 50 minutes (5L/cartouche) est nécessaire pour atteindre les faibles seuils de détection et éviter toute saturation du spectro de masse.

- Les dérivés carbonylés sont collectés à l'aide d'une cartouche DNPH « Xposure Sep-pak » (fournisseur : Waters - ref WAT047205). Le contenu de la cartouche est constitué de silice imprégnée de DNPHydrazine et d'acide orthophosphorique. Les liaisons carbonyl réagissent avec la DNPH pour produire les dérivés d'hydrazone stable. Pour l'échantillonnage, un volume d'air est envoyé à travers la cartouche par utilisation d'une pompe haute pression (Gilian, Gilair5). Le débit est fixé à 1,5 l/min et la durée d'échantillonnage à 20 minutes. Cette méthode a été validée conformément aux recommandations NIOSH pour les mesures STEL (exposition à court terme).

Test de COVs par TDS-CPG-SM :

- La chromatographie en phase gazeuse (CPG) est employée pour l'analyse des traces individuelles de COVs (composés organiques volatils) conformément à la méthode EPA TO17 (voir aussi ISO16000-6). La CPG est couplée à une spectrométrie de masse (SM) et à une désorption thermique (TDS de Gerstel) comme outil d'injection. - La séparation chromatographique est réalisée sur une colonne non polaire Supelco Petrocol (DH 50m x 0,25 mm ID, épaisseur du film 0,5 µm). L'identification des substances chimiques se fait à l'aide du temps de rétention (T.R.) spécifique à chacun et du spectromètre de masse (par comparaison avec les données de la littérature). Les courbes des standards externes sont utilisées pour la semi-quantification grâce à la hauteur des pics.

Test de C=O par HPLC-UV :

- Les dérivés des carbonyls (Hydrazone) sont désorbés avec 3 ml d'acétonitrile et l'éluat est analysé par HPLC équipé d'un système de détection UV. La méthode par standard externe est utilisée pour la quantification. Une solution de dérivés DNPH de haute pureté (99 %) (disponible chez Supelco ref 47285-U) est utilisée comme solution stock pour préparer une série de 6 standards de calibration dans la même gamme de concentration que les échantillons (20 µg/m³ à 1000 µg/m³). L'aire sous les pics sert à la bonne calibration et à la quantification.

Mesures olfactométriques :

- Une quantification précise et objective de l'odeur peut être réalisée conformément à la nouvelle norme européenne (EN 13725) qui décrit une méthode basée sur l'olfactométrie dynamique au seuil de détection avec des testeurs humains.

- On utilise l'olfactomètre ODILE (fourni par Odotech - Montréal, Québec) pour les déterminations de concentration de l'odeur. De l'air sans odeur est fourni au système par un compresseur WS15 (système sans huile de Compair). La pièce servant au test est neutre (murs blancs) et exempte d'odeurs.

- Un climatiseur dans la pièce garantit un environnement optimisé des mesures (21°C, 50% rh). Les sacs sont placés dans un cylindre pressurisé afin que l'odeur puisse être envoyée dans le dilueur (sans pompe). L'odeur est ensuite distribuée vers 6 sorties pour le sniff-test. Pour l'analyse, on calibre préalablement les 6 spécialistes de l'odeur selon leur sensibilité au n-butanol. Chacun dispose de son propre panneau équipé de 3 sorties d'air, 2 neutres et une pour l'odeur. L'odeur est présentée pendant 15 secondes avec 1 minute de pause entre chaque présentation. On commence par des concentrations faibles de l'odeur (forte dilution, pas de perception), puis on double la concentration à la présentation suivante, et ce, jusqu'à identification complète de l'odeur par l'ensemble du panel. 3 séries d'essais ont été réalisées pour chaque échantillon.

- Le niveau de l'odeur est calculé conformément à la norme, sur l'ensemble des résultats individuels (au maximum 3 séries x 6 testeurs). La norme recommande un minimum de 10 ITE.

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