Alimentation Le droit de savoir

Sécurité - hygiène


 

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24/02/04
Alimentation

Le droit de savoir



Le droit à l'information est un des droits fondamentaux du consommateur. S'agissant des produits alimentaires, il doit notamment se traduire par une indication de leur origine. La grippe aviaire qui touche les volailles en Asie a fait naître des sentiments d'inquiétude chez les consommateurs. Si les dernières communications de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont de nature à rassurer et éloigner le risque de panique, elles redonnent aussi de l'acuité à la question de l'étiquetage des produits alimentaires. En période de crise, l'indication de l'origine est au premier rang des informations à donner au consommateur. L'origine des produits alimentaires est une exigence légitime, constamment rappelée et attendue pour exercer sa liberté de choix. Elle concerne notamment les viandes, et toutes les viandes. Or, excepté la viande fraîche de volaille importée, seule la viande bovine est tenue de préciser son origine depuis la crise de la vache folle. Cette exigence consumériste se renforce non seulement avec le développement des épizooties (ESB, fièvre aphteuse, grippe aviaire...), mais aussi avec celui des échanges. Aujourd'hui, par exemple, 15 % des volailles consommées en France sont importées. Or, si l'indication de l'origine n'est toujours pas obligatoire pour l'ensemble des produits alimentaires, les distributeurs, les producteurs et tous les opérateurs économiques devraient être capables de la mettre rapidement en place. En effet, un règlement communautaire du 28 janvier 2002 suppose que la traçabilité soit établie pour toutes les denrées alimentaires dès le 1er janvier 2005. C'est cette traçabilité qui permet aux consommateurs d'être informés de la nature des produits qu'ils achètent par un étiquetage simple et précis. Dès lors, L'UFC-Que Choisir comprend mal pourquoi les autorités publiques refusent d'imposer l'obligation d'indication de l'origine à tout type d'aliments et, en particulier, aux viandes. L'argument du surcoût lié à l'étiquetage ne tient plus à partir du moment où la traçabilité devient une obligation pour tous les produits et un engagement des professionnels. Dès 1996, au début de la crise de la vache folle, l'UFC-Que Choisir a réclamé cet étiquetage de l'origine des viandes. Et toute la filière bovine, d'abord plutôt récalcitrante, a fini par être convaincue de cette utilité. Combien faudra-t-il encore de crises de ce type pour que les autorités, en France et en Europe, se décident enfin à répondre à la demande des consommateurs ? Quand la traçabilité devient une impérieuse nécessité et une obligation, l'étiquetage informatif n'en est que le prolongement normal, il ne saurait être question qu'il soit le chaînon manquant.



Alain Bazot

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