| 24/06/08 CarburantsLes prix plombent le budget des ruraux + 3,3 % en mai, ce nouveau pic d'inflation résulte pour beaucoup du renchérissement des produits pétroliers. Leur prix a bondi de 5,4 %, les seuls carburants enregistrant une hausse annuelle de 17,9 %. Alors que l'hyperinflation des prix du carburant et du fioul domestique heurte durement le pouvoir d'achat des consommateurs, des mesures d'urgence et des réformes à plus long terme s'imposent.
Si la dépendance pétrolière touche tous les Français, l'UFC-Que Choisir a toujours souligné que l'impact était inégal selon le territoire d'habitation de chacun. En effet, les conséquences de la flambée des prix du carburant sont particulièrement dramatiques pour les ménages ruraux. Un tiers d'entre eux, parmi les plus modestes, soit environ deux millions de foyers, consacre en moyenne plus de 10 % de ses revenus au carburant et au fioul. Et la hausse actuelle ne fait qu'accroître leurs difficultés : chaque augmentation de 10 % du prix des produits pétroliers ampute de 1 % leur pouvoir d'achat. Au vu de cette réalité, des mesures d'urgence s'imposaient en faveur de ces consommateurs que l'on ne peut pas abandonner à une fatalité pétrolière. Faisant suite à une demande de l'UFC-Que Choisir, le gouvernement vient d'annoncer que la prime à la cuve pour le fioul domestique passerait à 200 euros pour les ménages non imposables, en sollicitant une participation des compagnies pétrolières. Mais cette mesure est une goutte d'eau... Alors que la consommation de carburants est aujourd'hui un impératif pour tous, il importe d'élargir cette mesure aux personnes imposables aux revenus modestes, les classes moyennes. Aussi, la mesure du « chèque transport », annoncée en 2006 puis vite oubliée, doit être appliquée avec l'aide de l'État et, éventuellement, des compagnies pétrolières pour la fraction de ménages la plus touchée par la hausse des prix du carburant. Ces chèques, sur le modèle des tickets restaurants, pourraient notamment proposer une participation financière pour l'achat de billets de transports collectifs. À plus long terme, la contribution des compagnies pétrolières devra venir abonder les efforts financiers des ménages, des professionnels et de l'État pour rénover les habitations, développer les infrastructures de transports et, ainsi, préparer l'après-pétrole. Puisque le pétrole cher et l'explosion des profits des compagnies pétrolières affectent tous les consommateurs en Europe, Nicolas Sarkozy serait bien inspiré d'inscrire ce sujet à l'agenda de la présidence française de l'Union européenne qui débute le 1er juillet. Bref, pour soulager les consommateurs, il faut faire le plein de réformes !
Alain Bazot
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