Commerce équitable En attente de garantie

Commerce équitable


 

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28/03/06
Commerce équitable

En attente de garantie


De plus en plus de consommateurs acceptent de payer plus cher certains produits pour assurer aux paysans une juste rémunération de leur travail. Seulement, pour toucher un large public, les acteurs du commerce équitable ont dû faire des concessions. Et pour l'instant, aucune norme n'encadre leurs pratiques.

La VI-ème quinzaine du commerce équitable va se tenir dans toute la France du 29 avril au 14 mai. Quinze jours pour consommer autrement, en acceptant de payer plus cher des marchandises produites par des paysans du tiers-monde afin de leur permettre de vivre dignement de leur travail. La démarche est généreuse, aux antipodes des lois du commerce mondial, mais le principe «du commerce, pas de l'aide» reste fragile. Longtemps confinés aux boutiques alternatives, les produits du commerce équitable s'installent de plus en plus dans les grandes surfaces. Dévoiement du concept ou nécessité pour toucher un large public, le débat est loin d'être clos, mais en sortant des sphères associatives pour entrer dans l'ère commerciale, le commerce équitable devient la proie de toutes les convoitises, la cible de toutes les récupérations. Les multinationales de l'agroalimentaire et les géants de la grande distribution, toujours à l'affût de nouvelles niches marketing, ont flairé tout le profit qu'ils pouvaient tirer de l'engouement des consommateurs pour des «produits plus justes». Quant aux acteurs du commerce équitable, s'ils partagent à peu près les mêmes valeurs, leurs approches sont souvent fort divergentes. Faut-il limiter le commerce équitable aux seuls échanges Nord-Sud et ignorer les paysans des pays développés qui, eux non plus, n'arrivent plus à vivre de leur travail ? Faut-il le centrer sur le sort des seuls petits producteurs et ignorer les conditions de travail déplorables des marins sur les bateaux qui transportent les matières premières depuis les pays du Sud, celles des ouvriers des usines de transformation, celles des salariés des grandes surfaces ? D'où la difficulté de définir une norme acceptée par tous. Une loi, celle du 2 août 2005, reconnaît officiellement le commerce équitable, sans être plus explicite sur ses principes. Tout dépendra des décrets d'application. Parce qu'il fait appel à des valeurs morales, à des convictions, le commerce équitable doit présenter de fortes assurances de transparence et de fiabilité. Or, il n'existe actuellement aucune certification capable de garantir au consommateur l'authenticité de l'appellation.



Jean-Paul Geai

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