| 27/11/07 Sécurité des jouetsTolérance zéro Alors que beaucoup d'enfants écrivent au père Noël pour lui commander les jouets dont ils rêvent, L'UFC-Que Choisir prend aussi la plume pour lui demander d'être vigilant sur la sécurité de ceux qu'ils va livrer.
L'année 2007 s'achève et elle aura notamment été marquée par le scandale des jouets Mattel. Le rapport de la Commission européenne sur les produits dangereux, publié en avril 2007, montre que les jouets (221 notifications) détrônent de la première place les appareils électriques (174 notifications). Ils font pourtant partie des produits les plus réglementés... Un décret de 1989, transposant une directive européenne de 1988, définit les exigences de sécurité qui leur sont applicables, à l'exception des modèles réduits, répliques d'armes et quads. Les produits couverts par la réglementation font l'objet du marquage CE, qui présume de leur conformité aux exigences essentielles de la directive : absence de bord tranchant, limitation des risques d'ingestion, non-inflammabilité, etc. Mais, reposant sur le déclaratif, le marquage CE ne constitue qu'une présomption de conformité et en aucun cas une garantie de sécurité. Quant à la norme NF « petite enfance », créée par l'Afnor à l'initiative de certains fabricants, elle garantit que les jouets estampillés ont fait l'objet de contrôles plus sévères de la part du LNE (Laboratoire national d'essais), portant par exemple sur l'usure ou l'endurance. Mais le sigle NF ne concerne que peu de jouets (environ 150), car les tests qu'il exige renchérissent leurs coûts, ce qui fait évidemment reculer beaucoup de fabricants ! Au vu de l'emploi de plus en plus fréquent de produits chimiques dans les jouets, notamment dans ceux que les bambins portent fréquemment à la bouche, les dangers auxquels les enfants sont exposés ne sont pas admissibles. La CSC (Commission de sécurité des consommateurs), autorité indépendante dont l'UFC-Que Choisir est membre, en a fait, à raison, une de ses priorités. Près de 20 % de ses avis concernent les jouets, le matériel de puériculture et les objets du monde de l'enfance en général. Ses avis ont souvent permis de faire évoluer le comportement des professionnels, qui n'assument pas pleinement la responsabilité qui est la leur de contrôler les filières et de veiller au respect des cahiers des charges, et se défaussent trop souvent sur leurs sous-traitants en fermant les yeux sur les conditions de production. On pourrait aussi attendre des pouvoirs publics qu'ils donnent davantage d'effets aux recommandations de cette autorité. Il ne s'agit pas de gâcher la fête, mais dans l'attente d'une réglementation plus efficace et à défaut d'un sens des responsabilités partagé par toute la profession, force est de donner au Père Noël quelques conseils élémentaires comme la livraison de jouets bien adaptés à l'âge de l'enfant. Quant aux parents, nous les invitons à la vigilance concernant l'utilisation par les chérubins de leurs cadeaux (vérifiez régulièrement l'état des piles, testez la bonne tenue des poils des peluches, etc.)... En matière de sécurité des jouets, plus qu'ailleurs, la consigne doit être : tolérance zéro ! Bonnes fêtes de fin d'année à tous.
Alain Bazot
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