| 31/01/06 Tarification bancaireFacturation injuste et injustifiée Après l'envolée tarifaire de ces dernières années, les banques seraient devenues vertueuses. C'est oublier qu'elles sont toujours à la recherche de nouveaux revenus, au risque d'accroître l'exclusion bancaire.
«Les banques entrent dans une phase de modération tarifaire», écrit la presse économique en ce début d'année... Modération toute relative et à replacer dans un contexte d'excès des années précédentes durant lesquelles le coût d'utilisation d'un compte de dépôt a augmenté systématiquement plus vite que l'indice général des prix. Aujourd'hui, les banques réalisent des marges exorbitantes sur les services les plus utilisés : 35% sur les retraits aux distributeurs, 65% sur les prélèvements et même jusqu'à 100% sur les virements ! Sur ces bases tronquées, les banques voudraient nous faire croire qu'elles deviennent vertueuses. Pure illusion car le périmètre de services payants continue, lui, à s'élargir, les banques imaginant sans cesse de nouvelles sources de revenus. C'est ainsi que le CIC a mis en place une participation de ses clients aux frais de traitement des opérations semi ou non automatisées. Cette tarification répond non à une logique de coût mais bien à une logique de revenus. Car le coût de traitement du chèque, qui diminue nettement grâce au progrès technique, est depuis longtemps intégré dans le prix des autres services et financé par la pratique des dates de valeur. Il est arbitraire de mettre en place cette nouvelle facturation sans qu'il y ait dans le même temps une remise à plat de l'ensemble de la tarification des autres services. Par conséquent, tarifer 0,50 euro les opérations semi ou non automatisées est économiquement injustifié et crée un préjudice inacceptable pour les consommateurs. En outre, cette tarification du chèque et des opérations au guichet remet en cause le principe de l'accès gratuit aux espèces et pénalise en particulier les personnes en difficultés financières et sociales. Cette entorse aux engagements pris par les banques en novembre 2004 devant le ministre de l'Économie est d'autant moins acceptable qu'elle fait fi des discussions en cours visant à favoriser l'inclusion bancaire de tous les consommateurs. C'est ainsi que l'UFC-Que Choisir a demandé au CIC de supprimer cette tarification et qu'elle entend mobiliser l'ensemble des clients. Cet emballement du système de tarification met à nouveau en évidence le problème de l'absence totale de régulation du secteur. Aucun mécanisme issu du marché n'est susceptible de tempérer l'appétit des banques. L'inertie persistante des pouvoirs publics les rend complices d'un système fondamentalement inéquitable dans lequel des millions de consommateurs sont, soit piégés, soit exclus.
Alain Bazot
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