| 27/11/07
Tarifs plein pot à la pompe Alors que la flambée du prix du baril de pétrole grève de plus en plus le budget des ménages, le gouvernement propose, pour toute solution, de moins utiliser son véhicule et de préférer la marche ou le vélo !
Jamais faire le plein de sa voiture ou remplir sa cuve à mazout n'a coûté si cher. Une flambée des prix qui est la conséquence directe de ce qui se passe sur le marché mondial du pétrole où le baril de brut frôle les 100 dollars. C'est presque huit fois plus qu'il y a dix ans quand les cours de l'or noir étaient tombés à 13 dollars, en mars 1998. Si, en une décennie, la part des carburants dans le budget des ménages se maintient aux alentours de 4 %, ce poids est très inégalement réparti. Pour beaucoup d'entre eux, la facture est douloureuse et cette dépense contrainte ampute de plus en plus leur pouvoir d'achat. Paris n'est pas la France, où des milliers de foyers, souvent modestes, habitent loin de leur lieu de travail et sont obligés, faute de transports en commun, d'effectuer chaque jour plusieurs dizaines de kilomètres au volant de leur voiture pour aller travailler. Une maison sur quatre est également chauffée au fioul domestique. C'est dire l'importance du budget énergie dans les dépenses quotidiennes de nombreuses familles. Le gouvernement, qui ne cesse de répéter vouloir donner plus de pouvoir d'achat aux Français, ne peut rester insensible à l'actuelle envolée tarifaire des carburants. Espoirs déçus. À l'issue de la table ronde organisée à Bercy mi-novembre, les pétroliers ont simplement renouvelé leur promesse de ne pas profiter « outrageusement » de la flambée du baril et de lisser dans le temps les hausses de prix, c'est-à-dire d'étaler sur plusieurs semaines les répercussions de la hausse des cours. Sur le fond, rien de changé. Un allègement de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) n'est pas d'actualité. Outre qu'il entrerait en contradiction avec les engagements de réduction des émissions de CO2 pris lors du Grenelle de l'environnement, il priverait surtout l'État de recettes qui lui font défaut. Quant au chèque transport, plus personne ne l'évoque. Seule concession, la prime à la cuve est doublée, passant de 75 à 150 euros pour les ménages non imposables qui ont la malchance de se chauffer au fioul. Pour tous les autres, la ministre de l'Économie a trouvé la solution : « Il faut de temps en temps, a osé Christine Lagarde, que les Français oublient leur véhicule au profit de leurs deux jambes ou leurs deux-roues. » Ceux qui n'ont pas d'autre choix apprécieront.
Jean-Paul Geai
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