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InfluenceursQuand Tibo InShape va trop loin

Cyril Brosset

par Cyril Brosset

Le numéro 1 des influenceurs français vient d’être rappelé à l’ordre par le Jury de déontologie publicitaire, qui l’accuse d’avoir dépassé les limites dans un spot pour sa créatine, en faisant semblant de la sniffer ou de se l’injecter.

L’essentiel

  • Tibo InShape a diffusé, sur le réseau social X, une publicité dans laquelle il vantait les bienfaits de la créatine commercialisée sous sa propre marque.
  • Dans plusieurs plans, l’influenceur faisait semblant de préparer et d’ingérer de la créatine en poudre comme des toxicomanes le feraient avec de la drogue dure.
  • Le Jury de déontologie publicitaire n’a pas goûté la blague et a demandé la suppression du spot.

La publicité diffusée sur le réseau social X au mois d’avril se voulait décalée. Elle aura finalement poussé Tibo InShape, Thibaud Delapart de son vrai nom, à se prendre les pieds dans le tapis. On y voyait l’influenceur français le plus suivi sur les réseaux sociaux, spécialiste du fitness, vanter les bienfaits de la créatine vendue sous sa propre marque InShape Nutrition.

Sauf que deux passages ont fait tousser les membres du Jury de déontologie publicitaire (JDP). Le premier concerne la posologie affichée. Alors que le site Internet Inshape-nutrition.com mentionne une prise maximale de 4 gélules ou 2 dosettes de poudre par jour, correspondant à 3 grammes de créatine pure, le texte chanté diffusé dans la publicité indiquait, lui, « 5 grammes par jour, c’est la base ».

Le JDP a donc estimé que Tibo InShape, dans sa publicité, incitait les utilisateurs à prendre 66 % de créatine de plus que nécessaire. De fait, selon le discours d’un expert repris par le JDP, en France, la dose journalière maximale de créatine est bien de 3 grammes, et non 5.

Banalisation de la toxicomanie

Mais c’est un autre passage qui a surtout hérissé le jury. Celui où l’on voit Tibo InShape aligner de la créatine en poudre avec une carte bancaire, faire comme s’il allait en inhaler par le nez, chauffer de la poudre dans une cuillère avec un briquet ou encore mimer une injection intraveineuse avec une seringue, exactement comme on pourrait le faire avec de la drogue dure.

Pour le JDP, ces images, qui contribueraient à « banaliser la gestuelle de la toxicomanie », n’ont rien à faire dans une publicité, et encore moins dans celle d’un influenceur aussi connu et suivi par un jeune public que lui.

Le rôle du JDP n’est pas de faire appliquer la loi ou les règles de santé publique. Il ne prononce même aucune sanction, se contentant d’émettre des avis après avoir vérifié qu’une publicité respectait ou non le Code de déontologie en matière de publicité et de communication commerciale. En l’occurrence, il a estimé que ce n’était pas le cas et demandé à ce que l’annonce soit supprimée.

Tibo InShape et ses équipes n’ont pas attendu la décision finale et ont retiré rapidement la publicité de tous les réseaux. Ils se sont également excusés, non sans souligner le caractère humoristique de la vidéo, faite pour reprendre les codes des réseaux sociaux, et ont rappelé que Tibo InShape ne cesse, dans ses contenus, de vanter la pratique du sport et un mode de vie sain. Visiblement, le JDP n’a pas le même sens de l’humour que lui.

Quand Tibo InShape joue à sniffer de la créatine

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