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PesticidesDes contaminations multiples sur les pommes

Elsa Casalegno

par Elsa Casalegno

La coordination européenne d’ONG environnementales, PAN Europe, a fait analyser 59 échantillons de pommes prélevées dans 13 pays d’Europe. Résultat édifiant : 50 d’entre elles, soit 85 %, étaient contaminées par des cocktails de pesticides. Or, la réglementation n’exige pas d’évaluation des conséquences des éventuels effets cocktails des substances avant leur autorisation, c’est-à-dire des effets provoqués par le mélange de différentes molécules, qui peut atténuer, annuler ou au contraire décupler les effets des substances.

En résumé

  • Contamination massive Une étude révèle que 85 % des pommes conventionnelles analysées en Europe contiennent des cocktails de pesticides.
  • Substances à risque L’analyse souligne la présence fréquente de polluants éternels (PFAS), de neurotoxiques et de perturbateurs endocriniens (comme le fludioxonil), dont certains auraient déjà dû être interdits.
  • Carence réglementaire Les ONG critiquent l’absence d’évaluation des effets cocktails par les autorités européennes et s’inquiètent d’un projet de loi visant à alléger les obligations de réévaluation des pesticides.

​​Des cocktails comme ceux-ci, on s’en passerait. Lors d’une série d’analyses de 59 lots de pommes cultivées en conventionnel, prélevées dans 13 pays d’Europe, dont la France, l’association PAN Europe a constaté que 85 % contenaient des résidus de plusieurs pesticides simultanément. Dans plus d’un tiers (36 %) des cas, des pesticides PFAS étaient présents, dans presque deux tiers (64 %) des pesticides neurotoxiques, et dans 71 % des échantillons, au moins un produit parmi les plus toxiques des pesticides était présent (l’un n’excluant pas l’autre). Seulement 7 % (c’est-à-dire 4 des 59 échantillons de pommes) étaient exempts de résidus.

Parmi les produits problématiques, le fludioxonil, retrouvé dans 40 % des pommes, est un pesticide PFAS classé comme perturbateur endocrinien depuis 2024. Il aurait dû être interdit dès 2025, mais la procédure est bloquée depuis plus d’un an, accuse PAN Europe.

Ce constat corrobore celui de Que Choisir : notre observatoire des pesticides montre que, dans le cas des pommes, 75 % de celles cultivées en agriculture conventionnelle présentent un ou plusieurs résidus de pesticides, contre seulement 4 % en bio.

Vers un allégement de la réglementation

« L’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) doit proposer depuis 20 ans une méthodologie pour réguler les effets cocktails des pesticides, mais elle n’a toujours pas rempli cette obligation légale, déplore PAN Europe. Pourtant, les études épidémiologiques s’accumulent, qui suggèrent un lien entre une exposition aux pesticides via l’alimentation, et l’augmentation des problèmes de fertilité ou de certains cancers. »

Les associations partenaires de PAN Europe (dont Générations futures pour la France) ont procédé à ces analyses, alors qu’une loi omnibus est en cours de discussion à Bruxelles. Ce texte, proposé par la Commission européenne et soutenu par une partie des eurodéputés et des États membres, propose d’alléger la réglementation régissant les pesticides, en supprimant les obligations de réévaluation régulière.

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