par Cyril Brosset
par Cyril Brosset
La Commission européenne vient d’infliger une amende de 200 millions d’euros à la plateforme chinoise Temu, qu’elle accuse de ne pas avoir respecté la réglementation sur les services numériques, en particulier la vente de produits illégaux et dangereux. Les actions de Que Choisir Ensemble ne sont pas étrangères à cette décision.
Elle était jusque-là restée discrète, pour ne pas dire absente. La Commission européenne vient de sortir de son silence en infligeant une amende de 200 millions d’euros à Temu. Bruxelles reproche au géant chinois, spécialiste des articles à bas prix, de ne pas avoir pris les mesures suffisantes pour empêcher les consommateurs européens d’accéder à des produits dangereux, voire illégaux, conformément au Digital Services Act (DSA), le règlement européen visant à responsabiliser les grandes plateformes en ligne.
La Commission appuie en partie sa démonstration sur l’étude que Que Choisir et ses partenaires avaient publiée en 2025 et qui avait montré que la majorité des jouets pour bébés et des chargeurs de téléphone vendus sur cette plateforme pouvaient se révéler dangereux. En outre, dès 2024, quelques semaines après la plainte déposée alors par Que Choisir Ensemble et ses homologues européens, la Commission avait demandé à Temu de lui détailler les mesures qu’elle mettait en œuvre pour se conformer au DSA.
Bruxelles avait finalement jugé trop vague l’évaluation des risques menée par la plateforme et constaté, en outre, que l’estimation du nombre de produits illégaux présents en ligne avait été sous-évaluée. Elle avait aussi conclu que le système de recommandation et les programmes de promotion des produits par des influenceurs mis en place par Temu contribuaient à amplifier la visibilité des produits dangereux.
Cette sanction a beau arriver tard et son montant rester limité au vu du chiffre d’affaires généré par Temu, Que Choisir Ensemble se félicite de cette décision, qui s’inscrit dans la continuité des alertes qu’elle a portées ces dernières années. Les très grandes plateformes numériques ne peuvent plus ignorer qu’elles sont tenues de mettre en place des mécanismes efficaces de contrôle, de traçabilité et de retrait des produits illicites, sous peine de sanctions significatives. L’accès au marché européen implique le respect effectif des règles européennes de protection des consommateurs.
Temu a désormais jusqu’au 28 août pour présenter un plan d’action au Comité européen des services numériques qui disposera d’un mois pour émettre un avis. Ce sera ensuite au tour de la Commission de rendre une décision et, le cas échéant, de fixer un délai raisonnable pour la mise en œuvre de ce plan, faute de quoi elle pourrait infliger à Temu de nouvelles astreintes. Par ailleurs, d’autres procédures en cours à l’encontre de Shein et d’AliExpress pourraient aussi aboutir prochainement.
Cyril Brosset
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