Déjà abonné ?  S'identifier
 
Auto | Actualité

Diminuer la policeAugmenter la police Imprimer

Roue de secours

En sursis

Même si elle reste très rare, la crevaison d’un pneu est anxiogène. Bientôt obligatoires sur les voitures neuves, les dispositifs de surveillance de la pression des pneus avertiront immédiatement le conducteur d’une perte d’air. Une avancée pour la sécurité qui annonce la fin de la roue de secours.

Comme beaucoup d’autres voitures, la nouvelle Chevrolet Cruze Eco ne possède plus de roue de secours. Michelin reparle du pneu « increvable ». La Commission européenne imposera en novembre 2012 le montage en série sur les nouveaux véhicules d’un système de mesure de pression des pneus. Et si toutes ces dispositions et initiatives annonçaient la fin de la roue de secours ?

Depuis longtemps, les constructeurs et les manufacturiers cherchent des solutions pour éviter d’avoir à installer une roue supplémentaire. Pour des raisons de coûts, de gain de place mais aussi de poids, l’ennemi juré de la réduction de consommation. Mais on ne supprime pas impunément un élément de sécurité.

En effet, il ne faut pas que l’automobiliste se retrouve en danger ou ne puisse pas continuer sa route en raison d’une crevaison. Donc, dans un premier temps, la roue de secours traditionnelle, c’est-à-dire identique à celles montées sur le véhicule, a doucement laissé place à une roue temporaire dite « galette ». De dimensions plus réduites, cette dernière ne permet pas de rouler à plus de 80 km/h. Une situation que l’on retrouve encore aujourd’hui sur de nombreux véhicules et chez la plupart des constructeurs automobiles. Pour autant, cette solution n’est la panacée pour personne. Le constructeur doit toujours prévoir l’emplacement de cet élément, et ne gagne que peu de poids et d’argent. De son côté, le conducteur devra, comme pour une roue traditionnelle, se « coltiner » le remplacement plus ou moins fastidieux de la roue. Ainsi, les kits anticrevaison (composés d’une bombe et d’un gonfleur à brancher sur l’allume-cigare) ont commencé à faire leur apparition. D’abord sur des modèles très sportifs (Ferrari, Porsche), puis sur des coupés (Audi TT), des cabriolets (Peugeot 207 CC), sur des monospaces où la place est comptée (Opel Zafira) et enfin sur des familles de véhicules à basse consommation comme les BlueMotion de Volkswagen.

Pneu run-flat, pneu increvable

Quoi qu’il en soit, toutes ces solutions ont un point commun : elles n’empêchent pas la crevaison. Les manufacturiers ont donc voulu prendre le problème à la source et concevoir des pneus capables de s’affranchir du clou perfide. Ainsi, Continental, Bridgestone, Goodyear, Michelin et Pirelli proposent des pneus « run-flat » (roulage à plat), capables de rouler à pression nulle grâce à des flancs très rigides pouvant supporter la charge. Une solution qui ne demande ni roue de secours ni kit anticrevaison, vite adoptée par BMW qui en équipe toutes ses berlines. Les fabricants de pneus ont également imaginé une autre solution : le pneu increvable (du moins au niveau de la partie en contact avec la route : la bande de roulement). C’est le cas de Kleber avec sa technologie Protectis, ou de Continental avec ContiSeal (qui équipe encore le Volkswagen Sharan) ; aujourd’hui, Michelin travaille sur le sujet. Mais ces deux solutions ne sont d’aucune utilité si la crevaison survient sur les côtés du pneu. Même s’il est encore plus rare d’endommager le pneu à cet endroit, dans ce cas, la voiture serait immobilisée pour de bon. Aucune des solutions proposées n’est donc parfaite. Et quand on sait qu’un pneu perd naturellement de sa pression car il n’est pas étanche à 100 %, on imagine l’intérêt d’un système de contrôle de la pression en temps réel. Ainsi, au lieu de tenter d’éviter la crevaison, la Commission européenne souhaite que le conducteur soit prévenu de la moindre perte de gonflage, qu’elle soit due à une crevaison ou à la perte naturelle. Reste un détail à prendre en compte : le facteur psychologique. Les conducteurs accepteront-ils facilement de ne plus avoir de roue de secours dans le coffre ? En attendant, conscient du phénomène, Renault propose aujourd’hui sur certains de ses modèles une option gratuite : la roue de secours.

Yves Martin

Voir aussi
Exprimez-vous dans notre forum

> Pièce détachée