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Guide d'achat

Piles rechargeables

Les accus sont-ils plus économiques ?

Écologiques, économiques et généralement performantes, les piles rechargeables constituent une alternative intelligente aux piles jetables classiques. Quelques informations utiles avant de s'en procurer.

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Les derniers chiffres publiés par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) le confirment : les consommateurs sont de plus en plus nombreux à utiliser des accumulateurs en lieu et place des piles jetables. Celles que l'on appelle par abus de langage les « piles rechargeables » (alors que littéralement une « pile » ne se recharge pas, contrairement à un « accumulateur ») ont fait un bond de près de 25 % entre 2005 et 2006.

Même si elles restent largement minoritaires (18 % du total à peine), la poussée des piles rechargeables est une bonne nouvelle pour la planète. Car, jetables ou pas, les piles sont constituées de métaux lourds (aluminium, cadmium, mercure, nickel, plomb, zinc, etc.) hautement toxiques. Mieux vaut donc utiliser une pile rechargeable qui peut offrir des centaines de cycles plutôt que... des centaines de piles épuisées au bout d'un seul ! D'autant que la filière du recyclage laisse encore 70 % d'entre elles dans la nature (lire aussi encadré).

Des piles rechargeables, il en existe dans tous les formats. Elles peuvent donc facilement remplacer les jetables dans un usage quotidien, du lecteur MP3 à l'appareil photo numérique, de la télécommande à la radio, de la lampe de poche au téléphone sans fil. Les batteries au lithium, elles aussi rechargeables, sont d'ailleurs de plus en plus répandues. Tous ces appareils n'ont toutefois pas les mêmes besoins en alimentation électrique, les uns ne réclamant que peu d'énergie, par intermittence (télécommande), les autres nécessitant une alimentation continue et/ou soutenue (lecteur MP3). Il faut donc adapter la capacité de l'accumulateur, exprimée en milliampère/heure (mAh), à l'usage. Celle-ci représente la quantité d'énergie que la pile peut emmagasiner, entre 800 et 2 700 mAh actuellement. Les piles rechargeables se déchargeant progressivement (exception faite des modèles « prêts à l'emploi », lire encadré), qu'elles soient utilisées ou non, rien ne sert d'utiliser des piles de grande capacité dans des appareils peu gourmands en énergie.

Chargeur

Plus la capacité de la pile est élevée, plus il est long de la recharger. Toutefois, le temps de charge dépend également beaucoup du chargeur lui-même, et plus précisément du courant de charge qu'il fournit. Les plus performants promettent aujourd'hui une charge complète en 15 minutes. Il faut compter 1 heure pour les chargeurs dits « rapides », et entre 12 et 16 heures pour les modèles de base. Précisons que quelle que soit la capacité, plus la charge est lente, « mieux » l'accumulateur est chargé.

Parmi les critères de choix d'un chargeur, citons également la présence ou non d'un témoin de charge, d'une fonction de charge lente (optimale), d'un contrôleur de température (qui coupe l'appareil en cas de surchauffe), ou encore d'un programmateur de sécurité (la charge s'arrête lorsque l'accumulateur est plein pour éviter une surchauffe, qui pourrait l'endommager).

Quel budget ?

Piles rechargeables et chargeur sont le plus souvent vendus ensemble. Le prix d'un lot comprenant quatre accumulateurs varie entre 10 et 50 euros selon le degré de perfectionnement et la qualité des produits. Pour des accumulateurs supplémentaires, les tarifs varient en fonction du format. Comptez 15 euros pour quatre accumulateurs AA (équivalents des piles bâtons R6).

Rechargeables mais polluants !

Tout rechargeables qu'ils soient, les accumulateurs demeurent des déchets hautement polluants. Ils sont en effet constitués de métaux lourds, nickel et cadmium pour les Ni-Cd (en voie de disparition), nickel et hydrure métallique pour les Ni-MH, lithium et ion ou polymère pour les batteries Li-Ion ou Li-Po. Il est donc primordial de les déposer dans les points de collecte une fois usagés. Comme celui des piles jetables, le taux de collecte des accumulateurs (1) atteint 30 % en 2006. Selon l'Ademe, l'objectif de 25 % de taux de collecte des piles et accumulateurs portables fixé par la directive européenne 2006/66/CE pour 2012 est déjà atteint. Mais la stagnation du taux de collecte national autour de 30 % depuis plusieurs années laisse présager des difficultés pour atteindre 45 % en 2016 si aucune mesure complémentaire n'est prise. C'est dire l'importance d'adopter les bons réflexes ! Selon une estimation de Screlec (2), il y aurait 2 à 3 kg de piles et accumulateurs stockés dans chaque foyer français, soit un stock de plus de 1 milliard d'unités, soit plus de 50 000 tonnes ! Pourtant, les points de collecte ne manquent pas. Tous les magasins vendant des piles ou des appareils en contenant sont tenus de les reprendre qu'il y ait, ou non, nouvel achat.

Accumulateurs « prêts à l'emploi »

On commence à voir apparaître une nouvelle génération d'accus Ni-MH, dits « prêts à l'emploi » (ou « Ready to use »). Leur particularité : contrairement aux accus classiques, ceux-là ne se déchargent pas naturellement, ou très lentement, s'ils ne sont pas utilisés. C'est la raison pour laquelle ils peuvent être commercialisés déjà chargés, prêts à l'emploi. Notez que pour les accus classiques, il est parfois recommandé de réaliser plusieurs cycles de charge-décharge avant que l'accu ait atteint son niveau de performance maximal.

1. Hors plomb. Les batteries au plomb sont recyclées dans un circuit autofinancé en raison de la valeur marchande du métal contenu.

2. Screlec est l'un des deux principaux organismes collectifs, avec Corepile.

Camille Gruhier

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