| 29/05/07 ÉnergieGare aux sirènes de la concurrence ! Faute d'informations objectives sur l'ouverture prochaine du marché de l'énergie à la concurrence, l'UFC-Que Choisir se doit d'alerter le consommateur sur les conséquences des choix qu'il pourrait faire et les risques qu'il ne doit pas prendre.
Le 1er juillet prochain, le marché de l'énergie sera ouvert à la concurrence. Les consommateurs pourront choisir leur fournisseur d'électricité et de gaz. Concrètement, ils pourront soit ne rien faire, c'est-à-dire conserver leur contrat actuel avec EDF et GDF et continuer de bénéficier des tarifs réglementés, soit préférer les prix libres du marché. Pour séduire les clients, les différents fournisseurs d'énergie, parmi lesquels les deux prestataires historiques (EDF et GDF), n'hésiteront pas à attaquer le marché avec des prix attractifs. Du moins au début... Des prix cassés relayés par des campagnes publicitaires suffisamment persuasives pour amener le consommateur à renoncer au tarif régulé, contrôlé par l'État. Et le risque est de voir nombre de particuliers, peu conscients de cet abandon, céder à ces sirènes. Attention tout particulièrement à des campagnes, telles que pourraient les mener EDF et GDF, visant à regrouper la fourniture d'électricité et de gaz chez le même fournisseur, avec pour slogan « simplifiez-vous vos factures ». Le consommateur n'a rien à y gagner, car ces nouveaux contrats lui feront perdre le bénéfice de la stabilité et de la sécurité qu'offre le tarif régulé. Il faut savoir tirer les leçons de ce qui s'est passé pour les entreprises. Suite à l'ouverture du marché de l'énergie à la concurrence en juillet 2004, 15 % d'entre elles, croyant flairer la bonne affaire, ont cédé à l'alléchante offre d'un fournisseur sur le marché libre et ont subi, en moins de deux ans, une hausse tarifaire de plus de 60 % ! Pour les particuliers, le scénario a toutes les chances d'être identique. Une flambée des prix du gaz et de l'électricité sur le marché où ils sont libres est prévisible, elle est même hautement probable. À un moment où les Français sont déjà durement touchés par la hausse du prix du pétrole, comment admettre qu'ils soient en plus victimes d'une nouvelle explosion tarifaire pour des biens de première nécessité ? Pis, à l'inverse des entreprises qui ont obtenu ce passe-droit des parlementaires, le consommateur, lui, ne pourra pas revenir au tarif régulé en cas de flambée des prix. Aussi, parce que les risques d'une augmentation des prix du gaz et de l'électricité sur le marché sont réels, parce que l'abandon du tarif réglementé est irréversible, l'UFC-Que Choisir conseille aux consommateurs de ne pas souscrire un nouveau contrat.
Alain Bazot
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