| 28/08/07
Surchauffe sur les prix
En annonçant, en plein milieu de la torpeur estivale, une augmentation de 2,5 % du prix de ses yaourts, Franck Riboud, PDG de Danone, a ouvert la brèche. Et ils sont nombreux, derrière, à vouloir s'y engouffrer, au point que l'été risque bel et bien de s'achever par une surchauffe des prix des produits alimentaires. Pain, pâtes, biscuits, produits laitiers, volaille, porc, viande bovine... il y a fort à parier que les achats courants vont alourdir sérieusement le panier de la ménagère. En tout cas, les industriels de l'agroalimentaire comme de la grande distribution y préparent les esprits, quitte à s'en renvoyer la responsabilité. En cause : la flambée des cours des matières premières agricoles. Depuis un an, le prix du blé a bondi de 50 %, celui de la poudre de lait de 85 %, le cacao a progressé de 25 % depuis janvier, le beurre de 50 % depuis octobre, l'orge de 42 %, le maïs de plus de 35 %. Le lait ne cesse de grimper. Une demande mondiale accrue associée à de mauvaises récoltes en Australie et en Europe de l'Est, ainsi qu'à la fin des stocks européens poussent les cours à la hausse. Et l'envolée des prix commence à se répercuter en chaîne : les aliments pour le bétail et les volailles sont plus chers pour les éleveurs, tout comme les matières premières des industries agroalimentaires. D'où la répercussion de la hausse sur les produits transformés et, au final, sur les consommateurs. Le plus souvent, pourtant, le coût de la matière première ne pèse pas très lourd dans ces produits transformés : à peine 5 % dans le prix d'une baguette, moins de 10 % dans celui d'un poulet prêt à cuire. Il ne faut donc pas qu'à la faveur de la hausse des coûts des matières premières les consommateurs subissent une augmentation généralisée et injustifiée des prix de l'alimentaire. L'opacité qui règne sur les conditions de formation des prix reste entière et pose problème. On connaît la valse des étiquettes, mais on ne sait pas toujours qui joue la musique, ni qui donne le tempo. Nul doute que Nicolas Sarkozy qui, durant la campagne présidentielle, s'est déclaré sensible à la réalité de la hausse des prix telle qu'elle est vécue par les ménages au quotidien, veillera à ce qu'il n'y ait pas de couacs dans la partition.
Jean-Paul Geai
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