Déjà abonné ?  identifier
abonner

Diminuer la policeAugmenter la police Imprimer

Guide d'achat

Appareils photo numériques bridge

Entre le compact et le réflex

À mi-chemin entre les compacts et les reflex, tant au niveau du budget que des performances, les bridges ciblent un public d'amateurs éclairés. Abordables mais encombrants, ils proposent une grande liberté de réglages.

apn.jpg

Le bridge (« pont », en anglais) est une sorte d'intermédiaire entre l'appareil photo compact et le reflex. Ce positionnement hybride le place d'ailleurs en concurrence avec les deux familles, en termes de prix comme de performances. Un bridge d'entrée de gamme ne vaut pas nécessairement mieux qu'un compact haut de gamme ; un reflex premier prix pas forcément plus qu'un bridge de qualité. Pour décrire en un mot cet appareil ambivalent, disons qu'il s'agit d'un appareil photo numérique robuste (mais encombrant), doté d'un zoom très puissant (mais d'un objectif inamovible) et d'un viseur électronique (fiable).

Grâce à leur boîtier complet, les bridges offrent une ergonomie sans comparaison possible avec les compacts. La prise en main est généralement bien meilleure, les doigts se positionnent naturellement et peuvent actionner sans contorsion les différentes et nombreuses commandes. Contrepartie de ce confort : l'appareil est encombrant. Mais cet encombrement se justifie également par la richesse des réglages et des modes. L'utilisateur a la main sur de nombreux paramètres : ouverture du diaphragme, vitesse d'obturation, balance des blancs, mise au point, etc. Il peut également se retrancher derrière un mode automatique s'il le souhaite.

Objectif

zoom

Zoom du bridge Panasonic Lumix

L'objectif contribue à l'encombrement général de l'appareil. Ses grandes plages focales jouent heureusement en sa faveur. C'est même l'un des principaux atouts de ce type d'appareil : un bridge est très polyvalent, il permet de prendre des photos de tous types (familiales, grandes étendues, groupes, portraits, sportifs...) dans une qualité satisfaisante. Attention toutefois à la focale minimale, qui doit avoisiner 28 mm pour offrir un véritable grand angle (et permettre ainsi de photographier un large champ, par exemple un paysage ou un groupe de personnes dans une petite pièce où le photographe manque de recul). Le zoom, facteur de grossissement, intervient ensuite. Sur un bridge, il peut monter jusqu'à ×20 !

Un objectif de bridge est conçu pour offrir de bonnes performances sur toute la longueur de la plage focale. Une raison à cela : il n'est pas interchangeable. C'est, avec leur viseur (lire l'encadré), ce qui les caractérise (1). Les utilisateurs les plus exigeants pourront y connecter des compléments optiques (entre 50 et 400 €) pour étirer les bornes de la plage focale dans les deux extrêmes. Un « vrai » stabilisateur, optique ou mécanique (et non « numérique », lire l'encadré), est indispensable pour limiter les flous, notamment en zoom maximum.

Capteur

La résolution du capteur ne constitue plus un critère de choix décisif : elle atteint désormais des niveaux suffisant largement à un usage courant. La moyenne se situe autour de 8 mégapixels, ce qui permet d'imprimer en 300 dpi (résolution minimale pour une impression de qualité) des images au format 21 × 29,7 cm. Ceux-ci sont intéressants pour qui veut imprimer ses clichés dans des grands formats, ou recadrer ses photos depuis son ordinateur.

Montée en sensibilité

Regardez les différentes valeurs que vous pouvez attribuer à la sensibilité. Celle-ci détermine le rapport diaphragme/vitesse d'obturation pour un éclairement donné ; elle se mesure en ISO. L'utilisateur peut choisir entre différentes valeurs : 100, 200, 400, 800 et jusqu'à 1 600 dans la plupart des cas. Certains appareils permettent d'aller dans des plus grandes sensibilités (3 200 ISO) pour photographier dans des environnements sombres. Mais méfiance, la qualité est rarement optimale, les hautes sensibilités étant hautement génératrices de « bruit », c'est-à-dire de parasites nuisant au rendu. En photographie argentique, on parlait de « grain » pour évoquer ce phénomène.

Flash

Appareil photo numérique bridge

Flash d'appoint Sony

Un flash d'appoint peut également s'avérer utile. Certes, il s'ajoute aux autres accessoires (en plus, donc, des optiques et de l'incontournable sac de transport, qui représente lui aussi un budget compris entre 20 et 300 € selon la taille et la qualité). Mais il remplacera le flash intégré, généralement moins performant (puissance, uniformité).

 

Mode rafale

Pour prendre des photos de sujets en mouvement, lors d'événements sportifs par exemple, photographier plusieurs images à la file automatiquement multiplie les chances de réussir son cliché. Le mode rafale se mesure en nombre d'images par seconde, il se situe en général autour de 2 ou 3. Certains appareils proposent plus, jusqu'à 8 images par seconde, mais pas en résolution maximale.

Format RAW

Les photographes apprécieront également d'enregistrer les images au format RAW, une possibilité non systématique. Il s'agit d'un format d'enregistrement brut. L'image, vierge de tout traitement, peut alors être travaillée (balance des blancs, exposition...) sur un ordinateur, via un logiciel de retouche. Puis enregistrée dans un format lisible (JPEG par exemple) pour l'exploitation. Cette méthode offre une plus grande souplesse dans la modification des paramètres de prise de vue ainsi que la possibilité d'enregistrer les réglages choisis (sur l'ordinateur) pour les appliquer à plusieurs images (traitement par lot). La contrepartie : les fichiers RAW sont très volumineux, ce qui oblige à utiliser des cartes mémoires de grandes capacités.

Type d'alimentation (piles ou batteries)

Appareil photo numérique bridge

Chargeur de batterie Fujifilm

Lorsque l'appareil est alimenté par une batterie, un second exemplaire, à emporter chargé, peut s'avérer très pratique pour ne pas se trouver à court. Compter entre 30 et 85 € (selon les marques et les modèles) pour une batterie. Et autant, ou presque, pour un chargeur supplémentaire. Certains bridges sont fournis avec une pile CR-V3, qui peut être remplacée par deux piles LR6 ou des accus.

 

Budget : entre 230 et 600 €

Les plus :

- Bon rapport performances/prix

- Ergonomie

- Polyvalence

 

Les moins :

- Encombrement

Optique, numérique : attention au leurre !

Zoom et stabilisateur méritent une attention particulière. En effet, ces deux paramètres peuvent être « optiques » ou « numériques », ce qui n'a radicalement rien à voir. Un zoom numérique se contente d'étirer l'image, dégradant au passage sa qualité : il n'est d'aucune utilité. Seul le zoom optique permet de conserver la résolution maximale lors des prises de vue rapprochées, c'est celui-là – et uniquement celui-là – auquel il faut s'attacher.

Même nuance dans le cas du stabilisateur. Celui-ci doit compenser les mouvements du photographe pour éviter que la photo ne soit floue. Un « vrai » stabilisateur détecte le mouvement involontaire et le compense soit par un mouvement de la lentille (stabilisateur « optique »), soit par un mouvement du capteur (stabilisateur « mécanique »). L'efficacité de ce système est assez variable. Un stabilisateur numérique est quant à lui artificiel et entraîne nécessairement une dégradation de l'image. En effet, il augmente la sensibilité (ISO) et raccourcit le temps d'exposition, ce qui a pour effet de générer du bruit (des parasites sur l'image).

Visée électronique

L'une des spécificités des bridges tient dans leur type de viseur (1). Optique sur les compacts (lorsqu'il y en a un), TTL (Through The Lens) sur les reflex, il est « électronique » sur les bridges. Il s'agit en fait d'un petit écran LCD qui cadre assez fidèlement l'image à capturer (en exagérant légèrement la luminosité). Il affiche certaines informations, comme l'exposition ou l'ouverture de l'objectif. Néanmoins, parce que le viseur est minuscule et de moins bonne définition, l'affichage y est de moins bonne qualité que sur l'écran principal. Les couleurs, notamment, sont moins fidèles et la mise au point est difficile à contrôler.

Bruit numérique

Le principe de fonctionnement d'un appareil photo est le suivant : la lumière (photons) qui heurte la zone sensible (le capteur) est transformée en signal électrique puis en image numérique. Des parasites s'invitent toujours dans le processus, mais dans certaines conditions d'utilisation (faible luminosité, mouvement), ils sont particulièrement nombreux et dégradent l'image. C'est ce qu'on appelle le « bruit numérique ».

(1) Les frontières sont parfois floues entre les familles d'appareils photo. Il existe des compacts avec viseur électronique, par exemple.