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Guide d'achat

Appareils photo numériques hybride

Le choix de l'objectif sur un boîtier compact

Ni compacts, ni reflex, les « hybrides » soufflent un vent de fraîcheur sur l'offre d'appareils photo numériques. La promesse des constructeurs ? Une « qualité reflex » dans un « corps compact ». C'est alléchant, mais ce segment encore vert réserve quelques surprises.

Appareils photo numériques hybride

Après le reflex « grand public », la star, cette année, c'est l'appareil « hybride ». Cette appellation fourre-tout désigne un nouveau concept : celui d'un petit boîtier (héritage des compacts) à objectifs interchangeables (héritage des reflex). Autrement dit l'hybride, à première vue, dispose de tous les atouts pour séduire les amateurs de photos qui ne veulent pas trop s'encombrer. Il tombe également à point nommé pour motiver les 69 % (Source : GfK) de foyers déjà équipés à se renouveler.

Plus ou moins compact

Appareil photo numérique hybride

Appareil photo Sony NEX3

Depuis le premier modèle, le Panasonic Lumix G1, apparu il y a deux ans, l'offre s'est enrichie. Une dizaine d'appareils hybrides sont aujourd'hui vendus dans le commerce. Mais au sein de cette nouvelle famille, tous les membres ne se ressemblent pas. Certains fabricants (Olympus, Sony) insistent sur la compacité du boîtier. Les Sony NEX3 et NEX5 sont à ce jour les moins encombrants. Chez d'autres, comme Samsung avec son NX10, il ressemble plus à un mini-reflex. Panasonic joue sur les deux tableaux, « hybrides compact » d'un côté (Lumix G2, GF1), « hybrides reflex » de l'autre (Lumix GH1, G10). Aucun modèle chez Canon, ni chez Nikon. Les hybrides, ces gros vendeurs de reflex n'y voient pas d'avenir.

Viseur sacrifié

Appareil photo numérique hybride

Ecran LCD du Lumix GF3

Dans leur course à la miniaturisation, les fabricants radicaux ont sacrifié le viseur à hauteur d’œil, lui préférant un écran certes orientable mais beaucoup moins efficace à l'usage (manque de précision, reflets...). Seul Samsung a intégré un viseur sur son NX10. Les autres, conscients que ce choix les pénalisera aux yeux des photographes, livrent avec l'appareil un viseur électronique externe (Olympus Pen E-P2 par exemple), ou bien le proposent en option (180 € chez Sony, 200 € chez Panasonic). Il demeure toutefois moins précis que le viseur optique propre aux reflex. Mais c'est précisément le système de visée reflex, et notamment son miroir, que les fabricants ont supprimé pour donner naissance aux hybrides.

Qualité ?

Malgré cela, ils jurent que la qualité des photos est au rendez-vous. L'argument ? Les hybrides intègrent un large capteur, au moins quatre fois plus grand que sur un appareil compact. Sa diagonale atteint 21,6 mm sur un Micro 4/3 (17 × 13 mm ; chez Olympus, Panasonic), elle dépasse 28 mm lorsque l'appareil hybride est équipé d'un format APS C (24 × 16 mm ; chez Samsung, Sony). Ces appareils semblent en effet capables de fournir de bons résultats. Les modèles que nous avons essayés à ce jour (Samsung NX10, Panasonic GF1 et Olympus Pen E-P2) en attestent. La qualité de l'image est au rendez-vous, comme la facilité d'emploi. La réactivité des appareils dépend du mode de visée choisi. Si on utilise le viseur (reflex ou électronique selon le type d'appareil), le délai de déclenchement est plus court avec un reflex. En revanche, si on utilise le mode de visée par écran (mode appelé « Live View »), les appareils reflex sont bien plus lents (une exception : le système utilisé par les reflex Sony Alpha permet des prises de vue très rapides). Quant au mode vidéo, sur ces modèles, il semble être aussi performant que celui des appareils reflex testés (les résultats en laboratoire sont comparables), au moins lorsque les conditions sont bonnes. En lumière faible, ils sont un peu moins performants.

Le prix ? Pas compact...

Une ombre au tableau : le prix de ces appareils. S'équiper d'un hybride coûte cher, entre 500 et 1 300 €. C'est largement assez pour se demander s'il ne vaut pas mieux acheter un bon compact à large plage focale (un gros zoom) : un budget de 300 € suffit. Ou bien alors un vrai reflex, même d'entrée de gamme : le prix d'entrée est le même. Surtout que s'ils sont livrés avec une optique « passe-partout » (14-42 mm ou 18-55 mm), les hybrides, pour être utilisés pleinement, devront être assortis d'objectifs complémentaires. Les coûts sont loin d'être négligeables, les prix vont de 300 à 1 300 € ! Autre bémol, ces objectifs peuvent alourdir considérablement l'appareil. C'est notamment vrai sur les modèles équipés de capteurs APS-C, hormis ceux au format « Pancake » (« crêpe », très fins).

Recycler ses vieilles optiques sur un appareil hybride

bague_sony.jpg

La photo reflex laisse plusieurs générations de photographes avec un lourd héritage : de nombreux objectifs accumulés au fil des ans. La question de leur compatibilité s'était déjà posée avec le passage de l'argentique au numérique, elle surgit à nouveau avec les hybrides. La réponse est la même : par défaut, elles sont incompatibles. Les montures des appareils diffèrent d'une marque à l'autre et d'une famille d'appareils à l'autre. Pour fidéliser leurs clients, les fabricants ont toutefois mis au point des bagues qui permettent d'adapter une monture à l'autre (visuel ci-contre). Il suffit de trouver la bonne dans la jungle des fabricants et des formats. Et, bien sûr, d'y consacrer un certain budget. Chez Sony, la bague qui permet d'adapter les optiques de la gamme reflex Alpha sur un appareil hybride NEX coûte 200 €. Et elle n'assure pas l'autofocus (les automatismes ne sont le plus souvent pas disponibles lorsqu'on utilise un vieil objectif sur un appareil numérique).

Camille Gruhier