GUIDE D'ACHAT

Bouteille ou robinetQuelle eau boire ?

SC

par Sophie Cousin

En dépit des alertes sur certains contaminants comme les polluants « éternels » (PFAS), l’eau du robinet reste préférable, en règle générale, aux eaux en bouteille, qui ne sont pas meilleures pour la santé mais plus chères, plus polluantes et parfois traitées par des procédés interdits. 

Pesticides, microplastiques, PFAS, bactéries ! Les consommateurs ne savent plus trop à quelle eau se fier. Et c’est compréhensible, étant donné la fréquence à laquelle se sont succédé dernièrement les enquêtes et révélations sur des contaminations tant dans l’eau du robinet que dans des eaux en bouteille. Avec, pour ces dernières, la découverte du recours à des traitements interdits. En 2024, un tiers des Français estimaient que les normes et contrôles sanitaires étaient insuffisants, selon le baromètre annuel du Centre d’information sur l’eau.

Eau en bouteille

On distingue deux grandes catégories d’eau en bouteille : les eaux minérales et les eaux de source. Comme l’indique l’Académie de médecine, « les eaux minérales naturelles sont des eaux d’origine souterraine, de composition physico-chimique stable, exemptes de contamination [en théorie ! ndlr] ». Elles ont toujours la même composition en sels minéraux (calcium, magnésium, fluor…) et peuvent avoir des teneurs en minéraux très importantes, ce qui les rend parfois impropres à la consommation courante pour certaines populations. Parmi les eaux minérales naturelles, on trouve Badoit, Contrex, Hépar, Perrier, Volvic, etc.

Quant aux eaux de source, elles aussi d’origine souterraine, elles sont en général faiblement minéralisées. Elles proviennent parfois de sources différentes, chacune ayant une composition qui lui est propre. Elles peuvent donc présenter des teneurs en minéraux variables. Eau de source très connue, la Cristalline s’approvisionne ainsi à plus d’une trentaine de sources, qui sont indiquées sur l’étiquette (par exemple, Emma ou Chantereine). Les eaux en bouteille de marques distributeurs sont généralement des eaux de source (par exemple, Eau de montagne Auchan ou eau d’Auvergne Carrefour).

Qui la contrôle ?

Comme pour l’eau du robinet, les agences régionales de santé (ARS) font des prélèvements pour contrôler la composition des eaux minérales et de source, et les fabricants procèdent à des autocontrôles. Ces eaux sont censées être naturellement saines et vendues telles quelles. Seuls quelques traitements comme la séparation de constituants (fer, soufre…) sont autorisés. Pour le reste, les traitements de filtration, de dépollution ou de désinfection sont strictement interdits. C’est sur ce point qu’a porté, en 2024-2025, le « scandale Perrier ». Le fabricant de cette eau minérale a utilisé, des années durant, des traitements réservés habituellement à l’eau du robinet (charbon actif, ultraviolets…) pour rendre son eau conforme. Yves Lévi, pharmacien, professeur en santé publique et ancien président de la section des eaux du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, relate : « Lorsque les inspecteurs ont demandé à contrôler l’eau brute, c’est-à-dire avant la mise en bouteille, ils ne savaient pas que, de l’autre côté du mur, l’eau avait subi au préalable un traitement de désinfection pourtant interdit ! Les prélèvements et contrôles étaient donc effectués mais après une fraude caractérisée. »

Quels sont ses bénéfices ?

« Les eaux de source n’ont pas de propriétés particulières », indique le Dr Frédéric Maton, médecin du sport et membre de l’Institut de recherche en bien-être, médecine et sport santé (IRBMS), expert sur les eaux minérales. Elles ont des taux de minéralisation comparables à ceux de l’eau du robinet. Et offrent donc les mêmes bénéfices pour la santé. Quant aux eaux minérales naturelles, elles présentent d’importantes variations de composition d’une marque à l’autre avec, pour certaines, des revendications médicales, ce qui explique qu’elles soient depuis longtemps utilisées lors des cures thermales. Mais, entre les mentions « stimule la digestion », « peut être laxative » ou encore « aide à rester en forme », que croire ? L’Académie de médecine a passé au crible certaines indications. Selon elle, il existe quelques bienfaits sur la santé digestive : amélioration de la constipation chronique après une cure d’eau sulfatée magnésienne (Hépar) ; digestion facilitée avec les eaux bicarbonatées (Quézac, Badoit…) via une vidange gastrique plus rapide ; amélioration des ballonnements et prévention du risque de lithiase (calculs rénaux) avec les eaux sulfatées bicarbonatées (Contrex, Vittel…). En revanche, l’Académie met en garde les personnes hypertendues et insuffisantes cardiaques sur les eaux qui contiennent beaucoup de sodium (St-Yorre, Vichy…). Dans ce cas, il vaut mieux miser sur des eaux faiblement minéralisées comme les eaux de source. Ces eaux très salées sont toutefois intéressantes pendant et après un effort sportif intense, mais aussi en cas de risque de déshydratation. Même si ajouter du sel dans l’eau de sa gourde peut suffire. Enfin, les eaux riches en calcium (Courmayeur, Contrex, Hépar…) peuvent constituer une source de calcium, utile à la santé des os.

En dehors de ces situations spécifiques, les eaux en bouteille seront appréciées pour leur goût ou leurs bulles, mais ne sont pas meilleures pour la santé, malgré le marketing intensif des fabricants sur telle ou telle allégation.

Quels risques pour la santé ?

Révélé fin 2023 par Le Monde et France Info, le scandale des eaux Perrier a jeté une suspicion légitime sur l’ensemble des eaux en bouteille. Au moins 30 % des marques françaises seraient concernées. Non seulement le groupe Nestlé Waters (Perrier, Vittel, Contrex, Hépar…), mais aussi les fabricants d’eau des groupes Alma (Cristalline, St-Yorre…) ont eu recours à des traitements de purification autorisés pour l’eau du robinet mais interdits pour les eaux en bouteille.

Bactéries et pollution Mais pourquoi les fabricants les ont-ils utilisés ? Parce que certaines sources étaient contaminées par des bactéries telles que E.Coli et des pesticides, des substances hautement indésirables qu’ils voulaient dissimuler. Aujourd’hui en effet, la pollution des masses d’eau est générale. Celles qui servent à la mise en bouteille n’y échappent pas. Certes, la contamination peut être moindre parce qu’elles sont puisées plus profondément dans le sol, mais il n’y a pas de raison qu’elles en soient exemptes. Un test mené par l’association PAN Europe en 2024 a révélé que 6 marques d’eau en bouteille sur 10 contenaient du TFA, un polluant de la famille des PFAS particulièrement persistant.

Quelles sont les conséquences sur la santé des consommateurs ? Bien sûr, les fabricants affirment que leurs eaux traitées ne sont pas nocives et que leurs qualités minérales sont préservées. Mais le doute est permis. En effet, certains traitements de filtration sont susceptibles de retenir aussi ces minéraux précieux, censés justifier leur coût beaucoup plus élevé que celui de l’eau du robinet.

Fragments de plastique Une autre substance inquiétante est retrouvée dans les eaux en bouteille, il s’agit des microplastiques. En janvier 2024, une étude américaine a ainsi dénombré près de 240 000 fragments de plastique par litre dans différentes marques. 90 % de ces particules sont des nanoplastiques inférieurs à 1 micromètre, soit 10 à 100 fois plus fins qu’un cheveu. Ce sont potentiellement les plus dangereux, car leur taille minuscule leur permet de pénétrer dans le système sanguin et différents organes du corps et d’en perturber le fonctionnement. Mais on ignore encore l’ampleur de leur toxicité.

Où s'informer ?

Chaque fabricant doit indiquer sur son site la composition de son ou de ses eaux. On peut aussi regarder directement l’étiquette sur la bouteille. Néanmoins, tout cela ne vous donnera pas les résultats de contrôle d’éventuels contaminants ou de microplastiques.

Eau du robinet

L’eau du robinet provient à 60 % des nappes souterraines (ou phréatiques) et à 40 % des eaux de surface (rivières, fleuves, lacs). Elle est pompée dans ces réservoirs naturels, puis acheminée vers les usines de traitement. Elle arrive naturellement chargée en sable, déchets ou polluants, puis subit, selon sa qualité de départ, des traitements plus ou moins importants. Ceux-ci se font en plusieurs étapes. D’abord par des moyens physiques (tamisage, décantation, filtration…), puis la désinfection est effectuée par différents agents (chlore, dioxyde de chlore ou ozone), par ultraviolets ou, si besoin, avec du charbon actif (qui absorbe les micropolluants, pesticides et bactéries). Une fois rendue « potable » (voir encadré), l’eau est transportée dans des châteaux d’eau où elle est stockée avant d’être acheminée vers les habitations par un réseau de canalisations souterraines. 

Qui la contrôle ?

« Il n’y a pas une, mais des eaux du robinet. Selon les régions et même les villes, sa composition est différente puisqu’elle provient de diverses nappes souterraines », précise Yves Lévi. Néanmoins, ces variations de composition se font à la marge, car la réglementation est très stricte concernant les seuils maximaux autorisés pour telle ou telle substance. L’eau est une denrée extrêmement contrôlée. L’Organisation mondiale de la santé émet des recommandations sur sa qualité, plus ou moins suivies selon les pays. « Je bois l’eau du robinet sans aucune inquiétude en France et en Europe de l’Ouest et du Nord. Idem au Japon, en Australie et Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et au Canada. En revanche, ailleurs, je m’abstiens ! Même si rien n’est jamais parfait, il faut être conscient de l’importance des investissements faits pour la qualité l’eau chez nous », témoigne Yves Lévi.

La directive européenne « eau potable » vise à garantir sa qualité. Elle est régulièrement révisée, notamment pour rajouter de nouveaux paramètres de contrôle. De nombreux critères doivent être respectés avant de déclarer que l’eau est sans danger pour la santé : caractéristiques physico-chimiques (température, pH, dureté de l’eau…), propriétés organoleptiques (goût, couleur, odeur), aspects microbiologiques (s’assurer de l’absence de germes pathogènes) et absence de substances indésirables. 

Cette directive liste l’ensemble des paramètres pour lesquels il existe un risque si les seuils sont dépassés : nitrates, pesticides, plomb, benzène, taux de radioactivité, etc. Une réglementation qui s’applique en France avec un contrôle effectué par le ministère de la Santé via les ARS et par les responsables des usines de traitement eux-mêmes. Est-ce suffisant ? « Globalement oui, le système de contrôle européen est adapté et protège la santé des consommateurs. Mais de nouveaux paramètres prennent de l’ampleur : les PFAS, les microplastiques, les résidus de médicaments, etc. Ils nécessitent une évolution des procédures de contrôle », répond Yves Lévi.

Quels sont ses bénéfices ?

On pense à tort que seule l’eau minérale naturelle en bouteille peut apporter les sels minéraux et oligoéléments dont le corps a besoin. Mais l’eau du robinet en contient aussi puisque, au contact des sols et des roches, elle se charge en sels minéraux (calcium, magnésium, potassium, sodium…). Leur teneur varie d’une région à l’autre, dans le respect des seuils fixés par la loi. L’eau du robinet est plus ou moins riche en magnésium (15 à 20 mg/l), en fluor (teneur maximale fixée à 1,5 mg/l) ou en calcaire (pas de seuil fixé). Le calcaire n’a pas bonne réputation, car il entartre les appareils ménagers. Mais il représente une source de calcium non négligeable. La contribution de l’eau à l’apport de ce sel minéral peut ainsi s’élever jusqu’à 15 % des besoins journaliers. À titre d’exemple, l’eau de Paris contient 90 mg/l de calcium.

En termes de coût, l’eau du robinet l’emporte haut la main, à 0,004 € le litre en moyenne, soit seulement 2,20 € par an pour une consommation de 1,5 l d’eau du robinet par jour. Imbattable ! Pour les eaux en bouteille, il faut débourser en moyenne 0,20 € le litre pour l’eau de source et 0,46 € le litre pour l’eau minérale, avec de grosses variations selon les marques ! Soit un coût annuel de 110 € à 480 € pour les personnes qui ne boiraient que de l’eau en bouteille. Pour la collectivité, le coût de l’élimination du plastique des bouteilles s’avère très élevé : 150 000 tonnes de déchets sont ainsi générées par an. 

Enfin, l’aspect pratique n’est pas à négliger. L’eau du robinet est disponible partout et tout le temps, et ne nécessite pas de transporter de lourds packs.

Quels risques pour la santé ?

En janvier 2025, Que Choisir et Générations futures publiaient une enquête qui a fait beaucoup de bruit : à l’issue de prélèvements, elle mettait en évidence la présence de PFAS dans 30 communes françaises, avec une moyenne de 6 par échantillon. Employés massivement par les industriels depuis les années 1950 pour leurs propriétés imperméabilisantes, résistantes à la chaleur, antiadhésives et autres, ils ont la propriété de persister très longtemps dans l’environnement, d’où leur surnom de polluants « éternels ». Or, leurs effets délétères sur la santé sont de mieux en mieux documentés. L’Agence européenne pour l’environ­nement pointait, en 2019, un lien entre l’expo­sition aux PFAS et un risque accru de cancers, maladies thyroïdiennes, surpoids, etc. 

La question du seuil est déterminante. Dans cette enquête, le seuil maximal de 100 nanogrammes par litre (ng/l), qui sera la nouvelle norme en 2026, n’était pas dépassé lors des prélèvements, même si l’on s’en approchait dans certaines communes. En revanche, le seuil est fréquemment dépassé pour les 4 PFAS les plus à risque (PFOA, PFOS, PFHxS et PFNA) si l’on prend en compte une limite plus stricte (4 ng/l) appliquée ailleurs en Europe.

D’autres « substances émergentes » feront aussi beaucoup parler d’elles dans les prochaines années : les résidus de médicaments et les métabolites des pesticides (des produits de dégradation des pesticides), pour ne citer que les plus préoccupantes. La recherche sur ces substances, et les seuils auxquels elles sont nocives pour la santé, s’approfondit de jour en jour. « Grâce aux progrès des méthodes analytiques, on sait désormais doser ces métabolites utilisées depuis 30-40 ans. La mauvaise surprise, c’est qu’on en trouve partout ! Ces métabolites sont plus difficiles à traiter que les pesticides eux-mêmes et les communes concernées sont de plus en plus nombreuses. Cela n’a rien d’étonnant : le nombre de produits chimiques utilisés par les industriels a beaucoup augmenté ces dernières décennies et la résultante logique est la pollution des ressources », explique Yves Lévi.

Quelles garanties ?

À partir de 2026, la France appliquera la directive européenne 2020/2184 ­relative à la qualité des eaux destinées à la consom­mation humaine. Lors des contrôles sanitaires, les ARS rechercheront ainsi systématiquement les 20 PFAS que Bruxelles estime prioritaires à suivre. Lorsque la limite de 100 ng/l sera dépassée, l’eau sera jugée non conforme et il faudra faire baisser les taux. La directive prévoit aussi la recherche et le traitement d’autres polluants, comme les résidus de médicaments. Mais qui va porter cette responsabilité ? « Dans certaines communes, il va falloir traiter les PFAS avec des charbons actifs ou de nouvelles résines qui ne sont pas encore autorisées mais devraient se développer rapidement. Cela induira un coût important pour les communes », souligne Yves Lévi.

Enfin, des pesticides continuent à être retrouvés, ponctuellement, en quantité supérieure aux seuils autorisés. Le bilan des contrôles des ARS menés en 2023 montre qu’un quart des Français ont été alimentés, au moins une fois dans l’année, par une eau non conforme. Néanmoins, ces dépassements ont été limités dans le temps et n’ont pas conduit à des restrictions d’utilisation, sauf pour 1 200 Français habitant dans le nord de la France ou en Normandie. Pour les nitrates, c’est plus problématique : 70 000 personnes ont été concernées, en 2023, par des dépassements fréquents du seuil de qualité (50 mg/l), majoritairement dans le Nord. Pour ces personnes, la solution temporaire consiste à boire de l’eau de source en bouteille.

Où s'informer ?

Deux options s’offrent aux consommateurs pour connaître les teneurs de leur eau. Dans le courrier joint à la facture, une note de synthèse émanant du ministère de la Santé est fournie chaque année. Sur le moteur de recherche de ce même ministère, on peut accéder aux résultats du dernier contrôle sanitaire réalisé par l’ARS dans sa commune (sante.gouv.fr/sante-et-environnement/eaux/eau). 

Systèmes de filtration : quel intérêt ?

Environ 20 à 30 % Français filtrent l’eau du robinet pour la boire. Face aux alertes sur les contaminations, les dispositifs de purification se multiplient.

Bâtons de charbon (binchotan) ou billes de céramique

Peu chers, faciles à glisser dans une carafe d’eau, ces produits offrent trop peu de surfaces de contact pour être efficaces. 

Carafes filtrantes et filtres sur robinet (type Brita ou Hydropure)

L’eau passe au travers de filtres (à charbon actif notamment) et parfois d’une résine échangeuse d’ions. Des tests montrent une efficacité sur certains PFAS et pesticides mais incomplète : par exemple, le TFA, un des principaux PFAS retrouvés dans l’eau, n’est pas retenu. De plus, les résultats sont très variables selon les modèles, il n’y a donc aucune garantie à l’achat. Les fontaines à gravité (type Berkey) semblent légèrement plus efficaces, mais cela reste limité. Il ne faut pas croire les promesses d’« efficacité à 99,99 % ».

Systèmes sous évier avec osmoseur (type Culligan)

L’eau passe par plusieurs filtres, dont une membrane percée de trous si fins que seules les molécules d’eau la traversent. Ces dispositifs retiennent donc efficacement les PFAS et autres polluants (pesticides, résidus de médicaments, métaux lourds si canalisations domestiques anciennes). Mais ils sont coûteux à l’achat comme à l’usage, nuisent à l’environnement (relarguage des PFAS filtrés, surconsommation d’eau) et produisent une eau privée de minéraux, ce qui n’est pas souhaitable pour la santé. 

Aucun de ces dispositifs n’apporte une solution complètement satisfaisante. Pour une majorité de Français, il convient de relativiser l’importance de l’eau dans l’exposition aux polluants. « Pour les pesticides, c’est en général moins de 5 %, quand l’essentiel provient de l’alimentation », souligne Julie Mendret, de l’université de Montpellier. Dans les zones plus exposées, il faut se renseigner, autant que possible, sur la contami­nation de son eau de distri­bution. Et à partir du moment où l’eau du robinet est non conforme, elle est réglementairement impropre à la consommation, dispositif de filtration ou non.

Ce que veut dire « potable » exactement

Dans le langage courant, on  parle d’eau « potable » lorsqu’on peut la boire sans mettre sa santé en danger. Sur un plan légal, l’eau potable est une eau conforme aux valeurs limites et qui a été contrôlée à la fréquence prévue par la réglementation. Les eaux minérales ne sont pas soumises à ces règles. Certaines ayant de très fortes teneurs en sodium (Vichy Célestins par exemple) ou en sulfates peuvent ainsi être buvables mais pas « potables » au sens réglementaire du terme. C’est aussi le cas de l’eau de Quézac, qui contient 2,2 mg/l en fluor, une teneur supérieure à la limite de potabilité de 1,5 mg/l. D’ailleurs, un avertissement figure sur son étiquette : « Ne convient pas à l’alimentation des nourrissons et des enfants de moins de 7 ans pour une consommation régulière. »

Si l’eau change d’aspect ou d’odeur, c’est grave ?

Pas forcément. Si elle devient trouble, ce n’est pas normal. Lorsqu’on rentre de vacances, cela peut s’expliquer par la stagnation de l’eau dans les canalisations. Il suffit de faire couler l’eau quelques secondes avant de la boire. En revanche, si le phénomène persiste, avec une couleur bizarre (légèrement jaune ou marron), des particules inhabituelles en suspension ou un mauvais goût, il est conseillé de demander à ses voisins s’ils font les mêmes observations et de téléphoner à la mairie pour faire un signalement. Doit-on s’inquiéter d’une forte odeur de chlore ? En général non, ce n’est pas nocif pour la santé, c’est juste désagréable au niveau du goût, sachant que le seuil de sensibilité individuel est très variable sur ce point. Laisser décanter l’eau à l’air libre permet généralement d’en améliorer le goût. Les carafes filtrantes éliminent le chlore, mais attention au risque de contamination bactérienne : il faut conserver l’eau au frais, la consommer rapidement et changer aussi régulièrement que nécessaire le filtre.

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Découvrez le niveau de conformité de l’eau du robinet de votre commune

 

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Sophie Cousin

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