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Santé Bien-être | Décryptage

Produits cosmétiques

Les fiches des molécules toxiques à éviter

Composés indésirables cosmétiques

Les composés indésirables ne sont pas rares dans les cosmétiques. Ces fiches reprennent les noms de ceux qui nous paraissent les plus problématiques dans l’état actuel des connaissances scientifiques. Pour chacun, vous pourrez repérer le niveau de risque selon que l’utilisateur est une femme enceinte ou un tout-petit, un enfant – susceptible d’être plus sensible aux composés irritants notamment –, un adolescent ou un adulte. Les perturbateurs endocriniens sont particulièrement à bannir pour certaines populations, telles que femmes enceintes, tout-petits et adolescents. 

Sodium lauryl sulfate, ammonium lauryl sulfate

Sodium lauryl sulfate, ammonium lauryl sulfate

Essentiellement exploité comme tensioactif (qui permet aux corps gras de la formule de se disperser dans l’eau), le sodium lauryl sulfate est un irritant bien connu, les scientifiques le savent depuis des décennies. Il n’est qu’à compulser leurs publications pour s’en convaincre : ici on le désigne comme « l’irritant standard », là, on introduit le propos par « le sodium lauryl sulfate (SLS), un tensioactif fréquemment utilisé pour induire expérimentalement des dermatites de contact »
Son proche parent, l’ammonium lauryl sulfate (ALS), n’est pas en reste : lorsqu’on l’applique en grande quantité, il se révèle « hautement irritant ». Seul un rinçage très soigneux peut limiter les dégâts. C’est à se demander pourquoi certains industriels continuent à faire de ces deux composés leurs tensioactifs de prédilection et/ou l’introduisent dans des produits destinés aux enfants. Sa présence dans les dentifrices et autres solutions dentaires est également surprenante car il a été démontré qu’on a plus de risques de voir apparaître des aphtes si on utilise un dentifrice renfermant du SLS. Attention aussi lorsque le produit est utilisé sur des zones particulièrement fragiles : certains produits pour l’hygiène intime en contiennent ! 

 

Benzophenone-1, benzophenone-3

Benzophenone-1, benzophenone-3

Responsables d’un trop grand nombre d’allergies, ces filtres anti-UV ne sont a priori plus inclus dans les crèmes solaires. Ainsi, lors d’une expérience visant à mesurer le pouvoir allergisant de différents composés après exposition au soleil, la benzophenone-3 a provoqué une réaction chez plus d’un quart des sujets. Par ailleurs, elle est classée perturbateur endocrinien sur la base d’une faible activité œstrogénique in vitro. En 2011, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a émis un avis visant à limiter l’utilisation de benzophenone-3 dans les produits cosmétiques. Parfois, elle n’est pas employée pour protéger des UV l’utilisateur, mais plutôt la formule elle-même, car lorsque le flacon est transparent, celle-ci peut souffrir de l’exposition au soleil. On ne saurait trop suggérer aux industriels d’opter pour des flacons opaques ou de changer de protecteur de formule… et aux adolescentes d’éviter les vernis contenant de la benzophenone. À noter que la benzophenone-4 est utilisée dans certains produits à rincer ou non. Même si l’on est tenté de lui imaginer un profil toxicologique peu différent de celui de ses congénères 1 et 3, elle n’est pas classée perturbateur endocrinien dans l’état actuel de la science.  

 

BHA

BHA

Heureusement, le butylated hydroxyanisole, antioxydant plus connu sous le nom de BHA, se fait rare dans les produits cosmétiques. Non seulement il est classé « cancérogène possible  » par le Centre international de recherche contre le cancer (Circ), mais il fait partie des substances proposées par la France à la Commission européenne pour une évaluation précise d’urgence de ses propriétés toxiques. Il serait en effet à la fois toxique pour la reproduction et perturbateur endocrinien.  

 

Butylparaben, propylparaben, sodium butylparaben, sodium propylparaben, potassium butylparaben, potassium propylparaben

Butylparaben, propylparaben, sodium butylparaben, sodium propylparaben, potassium butylparaben, potassium propylparaben

Ah, les parabens ! Que de slogans plus blancs que blancs ont-ils fait fleurir sur les emballages ! Se revendiquer comme « sans parabens » semble être devenu le passage obligé pour vendre un cosmétique ou un produit d’hygiène. Quitte à remplacer ces conservateurs par d’autres pas très nets non plus, comme la methylisothiazolinone. En réalité, tous les membres de cette famille ne sont pas à mettre dans le même panier : ceux à courte chaîne, ethylparaben et methylparaben (et les composés qui contiennent ce nom, comme sodium ethylparaben) ont été blanchis par les experts français et européens. À l’inverse, les plus dangereux (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben) sont interdits depuis 2014. Mais le butylparaben et le propylparaben restent autorisés (ainsi que les ingrédients dont le nom composé accole un de ces mots à « sodium » ou « potassium ») alors qu’ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens. Un moyen mnémotechnique pour s’en souvenir ? Ceux qui commencent par P ou B ne sont « Pas Bons » ! Pourtant, on en trouve encore, y compris dans des références destinées aux tout-petits, comme certaines lingettes, aux enfants (quelques dentifrices), ou encore à la sphère génitale. Concernant les moins de 3 ans, propyl et butylparaben sont interdits dans les produit non rincés destinés à être utilisés dans la zone du siège (nettoyants, lingettes, crèmes) mais on en trouve dans des lingettes supposées être utilisées sur le visage ou les mains.

 

Cyclopentasiloxane, cyclotetrasiloxane

Cyclopentasiloxane, cyclotetrasiloxane

Ces émollients ont montré des propriétés de perturbation endocrinienne. Par ailleurs, le cyclotetrasiloxane est classé toxique pour la reproduction, il est donc à éviter en lui-même. En outre, des traces de ce dernier peuvent « polluer » le cyclopentasiloxane. Enfin, un avis publié en avril 2015 par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, groupe d’experts de la Commission européenne chargé d’évaluer les cosmétiques, a mis en lumière un risque en cas d’inhalation : aérosols, sprays, poudres, etc., devraient éviter ces composés.

 

Ethylhexyl methoxycinnamate

Ethylhexyl methoxycinnamate

Également appelé octyl methoxycinnamate (mais pas sur les étiquettes, qui doivent respecter une nomenclature bien précise), ce filtre anti-UV n’est pas réservé aux produits solaires. On le trouve dans certaines crèmes de jour ou fonds de teint, même sans indication d’une protection contre les ultraviolets. Les recherches sur cet ingrédient ont démontré in vivo une perturbation des œstrogènes et de la fonction thyroïdienne. Pourtant, il est assez souvent utilisé, y compris dans des produits « sensibles » comme les sticks pour les lèvres – produit parfois appliqué quotidiennement, restant longtemps en contact avec les muqueuses et dont de petites quantités peuvent être avalées – ou dans des gammes dont le marketing insiste sur l’absence de parabens et autres composés connus du grand public pour leur toxicité.

 

Methylisothiazolinone (MIT), methylchloroisothiazolinone (MCIT)

Methylisothiazolinone (MIT), methylchloroisothiazolinone (MCIT)

Allergène de l’année ! C’est la peu enviable distinction reçue en 2013 par la methylisothiazolinone (MIT). Une société savante de dermatologues américains (American contact dermatitis society) désigne ainsi chaque année l’ingrédient qui a fait le plus de dégâts chez les patients. Methylisothiazolinone (MIT) et methylchloroisothiazolinone (MCIT) restaient jusqu’à une date récente relativement discrètes, mais la mise en cause des parabens a incité trop d’industriels à les remettre au goût du jour, au grand dam des allergologues et dermatologues. Les autorités de santé se sont penchées sur la question et, en juin 2015, ont interdit le mélange MCIT-MIT dans les produits sans rinçage. Les cosmétiques déjà en rayon avant cette date devront avoir disparu à la mi-avril. Employés seuls, ces composés sont encore responsables de nombreux cas d’allergie. Fuyez donc les produits qui en contiennent, même s’ils affichent des mentions trompeuses telles que « peau sensible » ou « testé dermatologiquement ».

 

p-Phenylenediamine et composés analogues (dont le nom comprend p-Phenylenediamine)

p-Phenylenediamine et composés analogues (dont le nom comprend p-Phenylenediamine)

Largement présent dans les teintures capillaires permanentes, ce colorant fait partie des composés dont on se demande pourquoi ils ne sont pas encore interdits. La seule lecture de l’avis publié en 2012 par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs, groupe d’experts de la Commission européenne chargé d’évaluer les cosmétiques, est édifiante. « Il a été démontré que la p-Phenylenediamine est un allergène de contact très puissant chez l’animal, c’est aussi un allergène fréquent chez l’homme qui peut engendrer des réactions graves. C’est un sensibilisant extrêmement fort, qui fait partie des tests de routine [pour déterminer la cause d’une réaction allergique, ndlr]. Son utilisation dans les teintures capillaires demeure une préoccupation considérable en termes de sécurité des consommateurs. » Nombre de cas d’eczéma ont été rapportés chez des utilisateurs et des coiffeurs. Alors, pourquoi le trouve-t-on encore dans tant de produits, y compris de marques leaders de la coloration ? Cela dit, les colorations permanentes sont susceptibles de renfermer de nombreux autres composés irritants. À noter que la p-Phenylenediamine peut aussi se retrouver dans les tatouages éphémères.  

 

Phenoxyethanol

Phenoxyethanol

Ce conservateur a été réévalué par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en 2012. Elle l’a jugé hématotoxique et hépatotoxique (toxique pour le sang et le foie). Compte tenu d’une concentration de 1 % dans les produits, de l’absorption cutanée et de la dose sans effet, l’agence a jugé ce composé sûr pour les adultes mais a posé des limites pour les enfants de moins de 3 ans. Selon elle, le phenoxyethanol ne devrait pas être employé dans les cosmétiques destinés au siège, qu’ils se rincent ou non : ces produits étant les plus fréquemment et abondamment utilisés, une absorption excessive de phenoxyethanol par la peau serait à craindre. Pour les autres cosmétiques destinés aux tout-petits, sa concentration devrait être limitée à 0,4 %. Malheureusement, comme toutes les agences, l’ANSM n’a qu’un pouvoir, celui de donner son avis. Si aucun texte réglementaire ne le reprend, les industriels peuvent tout à fait l’ignorer. D’où la pléthore de produits contenant du phenoxyethanol et destinés à la zone du siège : crèmes, laits, lingettes, etc.

 

Triclosan

Triclosan

Ce puissant agent antibactérien était encore largement employé il y a quelques années. Depuis, il a été montré qu’il est perturbateur endocrinien à plus d’un titre : il agirait non seulement sur les hormones œstrogènes, mais aussi sur la fonction thyroïdienne. Double peine au sujet de laquelle quelques grandes marques, heureusement de plus en plus rares, préfèrent se voiler la face.

 

Allergènes

Allergènes

Les substances allergènes proviennent principalement des parfums incorporés dans les formules pour les rendre plus plaisantes. Mais présence de parfum n’est pas forcément synonyme de présence d’allergènes, et le contraire n’est pas vrai non plus. On trouve des allergènes notamment dans les conservateurs, c’est par exemple le cas du benzyl alcohol. Les molécules susceptibles de provoquer une réaction allergique sont extrêmement nombreuses, mais les 26 qui en provoquent le plus sont obligatoirement étiquetées dès lors qu’elles sont présentes à hauteur de plus de 0,001 % (10 ppm ou mg/kg) dans les produits non rincés et 0,01 % (100 ppm) dans ceux qui sont rincés. Cette liste pourrait évoluer à l’avenir. Les allergènes sont indiqués en fin de liste d’ingrédients, ils sont très fréquents dans tous types de produits. Les mentions rassurantes du type « testé sous contrôle dermatologique », « hypoallergénique » et autres « peaux  sensibles » ne garantissent en rien l’absence d’allergènes.

Tout sur les ingrédients indésirables dans les cosmétiques

Fabienne Maleysson
Rédactrice technique : Gaëlle Landry


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