par Olivier Puren
ImpôtsLe barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 % en 2026
Les tranches du barème progressif sont revalorisées de 0,9 % cette année, pour le calcul des impôts sur vos revenus de 2025. Le gel initialement prévu par le gouvernement a été abandonné.
L’essentiel
- Revalorisation du barème de 0,9 % Initialement gelées par le gouvernement, les tranches de l'impôt sur le revenu sont finalement revalorisées, afin de neutraliser les effets de l’inflation sur votre niveau d’imposition.
- Indexation globale Cette hausse de 0,9 % s'applique également aux seuils et limites traditionnellement indexés sur le barème de l’impôt.
Après trois mois de débats parlementaires, la loi de finances pour 2026 a été adoptée le 2 février dernier. Le gouvernement a, une nouvelle fois, dû engager sa responsabilité pour faire passer son texte, en application de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution. Et consentir quelques concessions aux parlementaires pour obtenir le rejet des trois motions de censure déposées contre lui.
Il est notamment revenu sur sa volonté de geler le barème de l’impôt cette année. Le projet de loi de finances initial prévoyait en effet de reconduire à l’identique, pour le calcul de l’impôt 2026 sur les revenus de 2025, le barème progressif en vigueur l’an dernier pour le calcul de l’impôt 2025 sur les revenus de 2024.
Mais la loi définitive acte finalement une revalorisation de 0,9 % de ses tranches pour tenir compte de l’inflation, conformément au souhait de l’Assemblée nationale. Ainsi, le barème de calcul de l’impôt 2026 sur les revenus de 2025 est le suivant :
| Revenu global de 2025* | Taux d’imposition |
| N’excédant pas 11 600 € | 0 % |
| De 11 600 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 579 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 577 € à 181 917 € | 41 % |
| Supérieur à 181 917 € | 45 % |
* Pour une part de quotient familial.
Seuils d’imposition et plafonds de déduction
- Les seuils et les limites traditionnellement indexés sur le barème de l’impôt sont également relevés de 0,9 % cette année.
- La déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels applicable sur les salaires grimpe à 509 € au minimum et à 14 556 € au maximum.
- L’abattement forfaitaire de 10 % applicable sur les pensions de retraite et d’invalidité est porté à 454 € minimum par pensionné et à 4 439 € maximum par foyer fiscal.
Ménages modestes La décote d’impôt accordée aux foyers faiblement imposés est revalorisée de 0,9 %, de même que l’abattement sur les revenus accordé aux personnes âgées ou invalides modestes. Selon Bercy, cela va permettre à 200 000 ménages qui n’étaient pas imposables en 2025 de le rester en 2026.
Ménages avec enfants Les économies d’impôt tirées des demi-parts supplémentaires de quotient familial pour enfants à charge et l’abattement accordé aux parents qui rattachent un enfant marié ou chargé de famille à leur foyer augmentent de 0,9 %. Les plafonds de déduction des dépenses imputables sur votre revenu global de 2025 aussi :
- 6 855 € maximum pour la pension alimentaire versée à un enfant majeur dans le besoin ;
- 4 075 € pour les frais d’accueil d’une personne âgée hébergée chez vous, etc.
Réformes avortées Le projet de loi de finances prévoyait de transformer l’abattement de 10 % sur les retraites en un abattement fixe de 2 000 € par pensionné. Il prévoyait aussi de supprimer l’abattement sur les revenus pour les personnes âgées et de le maintenir uniquement pour les contribuables invalides. Ces réformes ont été abandonnées face à l’opposition de l’Assemblée nationale.
Conséquences sur les impôts de 2026
La revalorisation du barème et des seuils d’imposition est destinée à neutraliser les effets de l’inflation sur votre niveau d’imposition. Ses conséquences sur vos impôts de 2026 dépendent de l’évolution de votre situation entre 2024 et 2025.
Situation constante Vous payerez moins d’impôts cette année que l’an dernier si votre situation fiscale n’a pas évolué en 2025 (situation de famille, revenus et charges constants). Une part plus importante de vos revenus va en effet être soumise aux tranches basses du barème, les moins taxées.
→ Par exemple, si vous êtes célibataire et déclarez 35 000 € de salaires, vous payerez 2 554 € d’impôt cette année contre 2 615 € l’année dernière.
Situation en évolution Si votre situation s’est améliorée en 2025 et que vos revenus sont en hausse, vous serez surimposé sur la part qui dépasse l’inflation. Par contre, si votre hausse de revenus est comparable à l’inflation, vos impôts de 2026 seront sensiblement les mêmes que ceux payés en 2025.
→ Par exemple, si vous êtes célibataire et déclarez 35 000 € de salaires pour 2025 contre 34 650 € pour 2024 (hausse de 1 %), vous payerez 2 554 € d’impôt cette année contre 2 522 € l’année dernière.
Bon à savoir Seuls les revenus soumis au barème progressif de l’impôt vont profiter de sa revalorisation de 0,9 %. Les revenus soumis à une imposition forfaitaire (revenus financiers et plus-values mobilières soumis à la flat tax de 12,8 %, plus-values immobilières soumises au prélèvement forfaitaire de 19 %, etc.) sont taxables chaque année dans les mêmes conditions, sans prise en compte de l’inflation.
Olivier Puren