ACTUALITÉ

Pourquoi la solution antidémarchage Bloctel n’a servi à rien pendant 10 ans

Cyril Brosset

par Cyril Brosset

L’entrée en vigueur du consentement obligatoire en cas de démarchage par téléphone signe, de fait, la fin de Bloctel. C’est peu de dire que ce dispositif, censé limiter les appels intempestifs, n’a pas brillé par son efficacité.

L’essentiel

  • Le 11 août 2026, la nouvelle loi sur le démarchage par téléphone entre en vigueur.
  • Chaque entreprise souhaitant démarcher un prospect par téléphone devra au préalable avoir obtenu son consentement éclairé.
  • Conséquence directe de cette mesure, la liste antidémarchage Bloctel est définitivement abandonnée.
  • Ce n’est pas une grande perte car, lancée il y a 10 ans, elle n’a jamais vraiment contribué à diminuer le nombre d’appels intempestifs reçus par les particuliers.

À partir d’aujourd’hui, 11 août 2026, le démarchage par téléphone n’est plus autorisé qu’à la condition que le destinataire ait donné son consentement préalable. Cette étape importante est censée signer la fin du démarchage sauvage, et donc diminuer le nombre d’appels intempestifs reçus. Si cette date a été choisie, c’est parce qu’elle coïncide avec la fin de la concession accordée par l’État à la société Worldline (cédée ensuite à sa filiale Consoprotec) afin d’assurer la gestion de la liste antidémarchage Bloctel.

Sauf que durant ses 10 ans d’existence, Bloctel n’a jamais atteint le but qui lui avait été fixé, à savoir empêcher les entreprises d’appeler les prospects qui ne souhaitaient pas être démarchés. D’une part faute de notoriété. Au plus fort de son activité, seuls 9 % des Français y avaient inscrit leurs numéros de téléphone. C’est très peu. D’autre part parce que beaucoup d’entreprises ont fait le choix de ne pas avoir recours à ce dispositif pourtant obligatoire (mais payant), préférant prendre le faible risque d’être sanctionnées.

On ne sait pas, pour l’heure, ce que deviendront les données détenues par Consoprotec, notamment les quelque 12 millions de numéros de téléphone transmis par les particuliers. Elles devraient, a priori, être supprimées, leur stockage devenant sans objet. Il n’y a pas de risque non plus que des entreprises inscrites à Bloctel les aient récupérées entre-temps : Consoprotec était censée retirer elle-même les numéros en sa possession des fichiers des entreprises adhérentes.

Le principe du consentement obligatoire, pour lequel Que Choisir Ensemble s’est battue pendant des années, sera sans aucun doute plus efficace. Il sera aussi plus simple à mettre en place puisque les consommateurs seront d’office considérés comme refusant le démarchage.

Ils n’auront rien à faire de spécial, si ce n’est bien lire les mentions avant de cocher une case pour ne pas donner leur consentement par erreur, et signaler sur la plateforme Signal-conso les appels intempestifs qu’ils continueraient à recevoir, en espérant que les services de la Répression des fraudes sanctionnent fortement les récalcitrants.

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