par Audrey Vaugrente
par Audrey Vaugrente
Les laboratoires Novo Nordisk et Eli Lilly font tous deux l’objet d’une sanction financière élevée pour leurs campagnes de sensibilisation sur l’obésité et ses traitements. Selon l’Agence de sécurité du médicament (ANSM), elles constituent une promotion déguisée de leurs médicaments.
1,8 million d’euros pour l’un, 108 000 pour l’autre : c’est la sanction financière prononcée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à l’encontre de Novo Nordisk et Eli Lilly. Ces laboratoires produisent 3 nouveaux traitements contre l’obésité (liraglutide [Saxenda], sémaglutide [Wegovy], tirzépatide [Mounjaro]). Et, selon l’Agence, leurs campagnes de sensibilisation sur l’obésité constituent une forme de promotion de ces derniers. Pour rappel, la publicité est interdite quand elle concerne des médicaments à prescription obligatoire.
Courant 2025, les campagnes en question ont été diffusées dans les couloirs du métro, mais aussi dans la presse et sur les réseaux sociaux. Celle élaborée par Eli Lilly, intitulée « L’obésité, c’est un truc de malades », ciblait le bon usage des agonistes du GLP-1, objets de fréquents détournements. Elle indiquait notamment que leur utilisation à des fins esthétiques comportait des risques. Une présentation incomplète, argumente l’ANSM dans sa décision : « La présentation choisie, en excluant l’usage à des fins esthétiques des traitements médicamenteux, vise à présenter ces derniers comme unique solution thérapeutique pouvant être proposée à des personnes présentant une obésité ou un surpoids, pour perdre du poids et maintenir leur poids. »

Le même reproche est fait à Novo Nordisk pour ses deux campagnes. L’une, très relayée dans les transports en commun, affichait des personnes soulagées à l’idée d’agir contre leur excès de poids. L’autre ciblait les femmes ménopausées, et invitait à se rendre sur un site dédié. Comme le rappelle l’ANSM, la question de l’obésité et de ses traitements était alors très médiatisée. Mais suggérer que toute personne s’estimant en surpoids est susceptible de bénéficier de ces médicaments est trompeur.
De fait, aucun de ces supports de communication n’indiquait les conditions de prescription des agonistes du GLP-1, ni le fait qu’ils ne sont pas le premier recours pour perdre du poids. Pire encore : le site de Novo Nordisk Audeladupoids.fr incite activement à aborder le sujet avec un médecin, juste après un calculateur d’IMC. Avant de rediriger vers plusieurs plateformes – dont une gérée par le labo –, la page suggère : « Et si vous parliez de votre poids avec un médecin ? Faites le premier pas en un clic. »

Audrey Vaugrente
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